France

Affaire Adama Traoré : les gendarmes devront verser 2 000 euros à Assa Traoré, selon son comité

Le comité vérité et justice pour Adama a diffusé un document selon lequel les trois gendarmes mis en cause dans l'affaire devraient payer 2 000 euros à Assa Traoré, dans le cadre d'une procédure judiciaire qu'ils auraient intentée contre elle.

Via une série de tweets publiée dans la soirée du 7 juillet, le comité vérité et justice pour Adama a diffusé la photographie d'un document présenté comme une ordonnance juridique, selon laquelle les trois gendarmes ayant procédé à l'interpellation d'Adama Traoré le 19 juillet 2016 avant que son décès ne soit constaté à la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise, auraient été condamnés le 3 juillet à payer la somme de 2000 euros à Assa Traoré.

Une décision qui, selon le comité, ferait suite à une «procédure abusive» suite à «une action judiciaire pour atteinte à la présomption d’innocence» portée par les trois gendarmes, et à travers laquelle ils auraient initialement réclamé à la fondatrice du comité la somme de 30 000 euros.

«Notre avocat maître Bouzrou avait indiqué que l’action des gendarmes n’avait aucune chance d’aboutir et que l’accusation était ridicule, rappelant à la justice qu’au nom de la liberté d’expression [...] Il n’était pas possible de condamner Assa Traoré pour ses publications sur les réseaux sociaux [...] Non seulement leur action a été rejetée par les juges, mais ils ont, en plus, été condamnés à payer 2 000 euros à Assa Traoré», peut-on encore lire dans la série de tweets.

Si la nouvelle n'a pour l'heure pas fait l'objet d'autres annonces publiques corroborant la version avancée par le comité vérité et justice pour Adama, «Maitre Eolas», compte Twitter à succès particulièrement actif sur les réseaux sociaux concernant les actualités juridiques, a pour sa part commenté cette série de tweets en écrivant : «L’article 700 du code de procédure civile ne sanctionne pas une procédure abusive (c’est l’article 32-1) mais condamne la partie qui perd le procès à rembourser à la partie gagnante tout ou partie de ses frais d’avocat.»

En tout état de cause, le document publié par le comité Adama évoque le fait qu'«il serait inéquitable de laisser à la défenderesse la charge des frais irrépétibles qu'elle a du exposer».

Assa Traoré, une militante très en vogue

Le comité vérité et justice pour Adama a été fondé par Assa Traoré, sœur du défunt, qui figure aujourd'hui comme une personnalité emblématique de «la lutte contre les violences policières et le racisme».

A travers le combat qu'elle mène en la mémoire de son frère, elle a en effet été à l'initiative de nombreuses manifestations, qui ont connu un regain d'intensité dans le contexte du mouvement international Black Lives Matter, sous la bannière duquel se sont multipliés les rassemblements dans de nombreuses métropoles occidentales depuis la mort du citoyen afro-américain George Floyd au mois de mai, lors de son interpellation par la police à Minneapolis.

A l'image d'un mouvement en vogue en Occident, le combat d'Assa Traoré a récemment été plébiscité par des acteurs du show business outre Atlantique comme la chanteuse américaine Rihanna.

D'après une source proche du dossier reprise par l'AFP, de nouvelles investigations complémentaires devraient être menées prochainement dans cette affaire, principalement afin de procéder à la recherche de témoins de l'interpellation du jeune homme.