Remaniement : la composition du nouveau gouvernement dévoilée

Après la démission d'Edouard Philippe, la composition du nouveau gouvernement, qui sera dirigé par Jean Castex, est révélée.

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  • Le porte-parole du Rassemblement national (RN), Laurent Jacobelli, et l'élu EE-LV d'Occitanie, Gérard Onesta, ont commenté pour RT France les nominations du premier gouvernement Castex. 

    «Je parlerais de grand recyclage. On a repris les mêmes et on recommence», a estimé Laurent Jacobelli en début d'entretien qui a en revanche jugé «beaucoup plus grave» la nomination d'Éric Dupond-Moretti à la Justice. «En France la nomination de l’exécutif est le fait du prince», a déploré pour sa part Gérard Onesta. 

  • La nomination au poste de garde des Sceaux de l'avocat Eric Dupond-Moretti est une «déclaration de guerre à la magistrature», a estimé l'USM, syndicat majoritaire chez les magistrats, rapporte l'AFP.  

    «Nommer une personnalité aussi clivante et qui méprise à ce point les magistrats, c'est une déclaration de guerre à la magistrature», a affirmé Céline Parisot, présidente de l'Union syndicale des magistrats. 

    «Eric Dupond-Moretti semble détester les magistrats qu'il ne se prive pas d'insulter régulièrement, il souhaite la suppression de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM), la scission du corps (siège/parquet), soit tout l'inverse de ce que porte l'USM», a-t-elle vilipendé. 

    «Il est également plaignant à titre personnel dans plusieurs affaires et va gérer la carrière des magistrats du parquet ?», s'est interrogée la présidente de l'USM. 

  • Alors que de nombreuses mobilisations de forces de l'ordre ont eu lieu ces dernières semaines dans un climat particulièrement tendu, plusieurs syndicats de police ont commenté pour l'AFP la nomination au ministère de l'Intérieur de Gérald Darmanin, en remplacement de Christophe Castaner.

    Le secrétaire général de l'Unité-SGP-FO, Yves Lefebvre : «Il avait les cordons de la bourse comme ministre du Budget. Maintenant qu'il est le premier flic de France, à lui d'aller chercher l'argent pour les policiers, pour l'indemnité du travail de nuit ou la nouvelle bonification indiciaire.» Et d'ajouter : «Espérons aussi que la décision de la cour d'appel de Paris [qui a ordonné la reprise des investigations concernant une accusation de viol en 2009 à son encontre] ne vienne pas entraver son action au ministère de l'Intérieur.»

    Le nouveau secrétaire général d'Alliance Police nationale, Fabien Vanhemelryck : «Le malaise est grand dans les rangs de la police et nous le jugerons sur les actes. Un soutien sans faille est indispensable et l'amélioration des conditions de travail doit être immédiate (matériel, mesures sociales, revalorisation heures de nuit.... ). En espérant qu'il nous rencontre rapidement et qu'un plan Marshall se mette en place dans la foulée. La tâche est grande, le dialogue social se doit d'être constructif et l'obligation de résultat réel». Et d'ajouter : «Il connaît les comptes publics [...], il devra faire en sorte de débloquer un budget conséquent pour la police s'il souhaite donner un nouvel élan indispensable à l'institution.»

    Le secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale française, David le Bars: «Au-delà des personnes, j'appelle à la reprise des dossiers de fond, à la continuité des travaux entrepris. Je pense au livre blanc de la sécurité intérieure, qui est à mettre à l'honneur de Christophe Castaner et Laurent Nunez. Si le nouveau ministre enterre ce qui a demandé un an de travail de fond, ce serait une catastrophe.»

    Le secrétaire général de Synergie Officiers, Patrice Ribeiro : «L'intérêt principal d'un ministre, c'est sa verticalité et son poids politique. Gérald Darmanin était à Bercy, il en connaît tous les rouages. Il a une proximité du président de la République, il a l'oreille et la confiance de celui-ci. C'est un avantage pour nous. Après, il y a le domaine de l'incarnation, mais c'est de l'impensé. Les semaines à venir s'annoncent difficiles, il faudra qu'il soit solide sur ses appuis. On a un a priori plutôt positif.»

  • Alexis Poulin, fondateur du site d'information Le Monde Moderne, a commenté pour RT France le remaniement ministériel et le gouvernement Castex. Un casting qu'il estime pencher à droite eu égard aux nominations de plusieurs personnalités sarkozystes.

  • Le président du Rassemblement national (RN) de la région Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul, a quant a lui fustigé le nouveau gouvernement du Premier ministre Jean Castex : «Un gouvernement de recasage et de recyclage avec des sarkozystes à tous les étages, la seconde fourchette [Barbara] Pompili à l’écologie et Dupond-Moretti pour une justice partiale anti-RN. Au moins avec [Roselyne] Bachelot nous aurons des stocks de masques pour le carnaval.»

  • La députée Les Républicains (LR) des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, se montre peu enthousiaste à l'égard du remaniement ministériel : «Le président de la République parlait d'un gouvernement de mission, nous avons un gouvernement de cohabitation qui témoigne de l'absence du Nouveau Monde. Espérons que la France gagne !»

  • Le chef de file du groupe La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a immédiatement exprimé son opinion sur plusieurs nouveaux ministres : «Un gouvernement libéral banal. Castaner/Belloubet, hontes de l'Intérieur et de la Justice enfin démissionnés. Darmanin et Dupond-Moretti doivent rétablir la dignité et l'honneur.»

  • Le porte-parole du Parti communiste français (PCF), Ian Brossat, a réagit sur Twitter à l'annonce du nouveau gouvernement : «Deux grandes gueules pour faire oublier un gouvernement gris comme un ciel de novembre... #Bachelot #DupondMoretti.»

  • Ségolène Royal, ancienne ministre de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer, qui espérait intégrer la nouvelle équipe gouvernementale en tant que numéro deux, n'a finalement pas été choisie par le Premier ministre Jean Castex.

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Après d'ultimes tractations, le nouveau gouvernement échafaudé par Emmanuel Macron et son nouveau Premier ministre Jean Castex pour démarrer une nouvelle étape du quinquennat doit être annoncé à 19 heures lundi.

Après avoir passé le week-end avec le chef de l'Etat pour élaborer sa nouvelle équipe, puis de nouveau un déjeuner lundi à l'Elysée, Jean Castex s'est rendu dans l'après-midi au Sénat, à l'Assemblée et au Cese. «Je reçois au Sénat Jean Castex pour un tour d’horizon des sujets à gérer et du calendrier législatif à venir», a tweeté le président du Sénat Gérard Larcher.

A l'Elysée, tout était prêt pour la déclaration du secrétaire général Alexis Kohler qui, comme le veut l'usage, annoncera la composition du nouveau gouvernement sur le perron du Palais.

Une estrade a été montée dans la cour pour accueillir les photographes face au perron où ont été installés deux drapeaux, comme le montre un cliché de la photographe officielle Soizig de La Moissonnière.

L'exécutif a tenu à annoncer le nouveau gouvernement dès lundi, pour illustrer sa volonté d'une mise en oeuvre rapide du nouveau cap présidentiel après la nomination de Jean Castex vendredi à Matignon.

Mais selon des sources concordantes, des blocages et des négociations de dernière minute ont retardé le choix de certains postes-clés, notamment le prochain ministre de l'Intérieur qui, comme l'a laissé entendre Jean Castex dimanche soir, doit changer de titulaire. Les rumeurs donnaient Jean-Michel Blanquer bien placé pour Beauvau, un poste aussi convoité par Gérald Darmanin.

Emmanuel Macron devait en outre contenter ses alliés du MoDem et d'Agir et enfin préserver la parité, l'un de ses engagements initiaux, autant de négociations en dominos qui peuvent tout faire changer au dernier moment. L'entourage du chef de l'Etat a promis aussi "de nouveaux talents" et "des personnalités venues d'horizons différents".

Parmi les noms cités Roselyne Bachelot, ancienne ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, est pressentie pour le ministère de la Culture.

Au total, la nouvelle équipe devrait compter, selon l'Elysée, «une vingtaine de ministres et de ministres délégués», pratiquement comme l'ancienne équipe d'Edouard Philippe qui comptait 16 ministres, trois ministres délégués et 17 secrétaires d'Etat.

Le président Macron a rappelé dans des tweets dimanche les lignes de force de la dernière partie de son quinquennat qu'un «gouvernement de mission et de rassemblement» devra mettre en oeuvre: «relance de l'économie, poursuite de la refondation de notre protection sociale et de l’environnement, rétablissement d’un ordre républicain juste» ou encore «défense de la souveraineté européenne».

Décidé à accélérer la cadence pour faire oublier la débâcle des municipales et s'attaquer aux crises post-coronavirus, le nouveau couple exécutif devrait d'abord annoncer les ministres, selon un proche du président, puis les secrétaires d'État quelques jours plus tard. 

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