Musée du quai Branly : un poteau funéraire arraché pour dénoncer la «dépossession de l'Afrique»

Musée du quai Branly : un poteau funéraire arraché pour dénoncer la «dépossession de l'Afrique»© PHILIPPE WOJAZER Source: Reuters
Le musée du Quai Branly-Jacques-Chirac regroupe une importante collection d'œuvres africaines (image d'illustration).

Un militant africain accompagné de quatre acolytes a tenté de voler une œuvre du musée du quai Branly-Jacques-Chirac, estimant qu'elle devait revenir à l'Afrique. Le ministère de la Culture a condamné «ces actes qui portent atteinte au patrimoine».

Un activiste qui se fait nommer Mwazulu Diyabanza, se présentant comme un «homme politique et humaniste africain» né au Congo, a tenté de récupérer plusieurs œuvres d'art au musée du quai Branly-Jacques-Chirac, le 12 juin. Dans une vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, l'homme a expliqué que «tout ici, nous appartient [aux Africains], les 90 000 pièces [...] à l'entrée du musée il y a des noms, ce sont les colonisateurs qui ont pillé toutes ces œuvres d'art». Ce militant «pour l'unité de l'Afrique» s'est aussi scandalisé du tarif du musée (9 euros jusqu'au 28 juin) permettant de faire «des millions et des milliards».

Dénonçant une «dépossession de l'Afrique», il poursuit dans sa vidéo en assurant que les œuvres d'art ont été pillées sous la colonisation «pendant que des femmes et des enfants ont été massacrés, tués, des hommes, des adolescent violés, torturés». L'individu s'est alors approché pour récupérer un poteau funéraire Bari du XIXe siècle. Ayant du mal à le récupérer, l'activiste a alors déploré : «Ils ont coincé ça alors qu'ils l'ont volé.»

«Nul n'a le droit de prendre ce qui appartient au peuple africain parce que c'est notre patrimoine, c'est notre richesse et ça a apporté des millions et des milliards à toute l'Europe occidentale», s'est-il alors exclamé voulant «repartir avec à la maison». Aidé par ceux qu'il nomme «ses frères», le poteau funéraire Bari a été délogé de son emplacement. L'emportant jusqu'à la sortie, un agent a tenté de l'arrêter en l'appelant également son «frère». «Ça m'appartient !», a alors crié le militant, accompagné de quatre autres personnes. La séquence a duré près de trente cinq minutes. La suite des événements s'est soldée par l'interpellation des cinq individus.

Franck Riester condamne l'action mais reconnaît que le débat sur les restitutions d’œuvres africaines «est parfaitement légitime»

Dans la foulée, le ministère de la Culture a adressé un communiqué en condamnant l'acte : «[Le ministre] Franck Riester condamne avec la plus grande fermeté ces actes qui portent atteinte au patrimoine. Si le débat sur les restitutions d’œuvres issues du continent africain est parfaitement légitime, il ne saurait en aucun cas justifier ce type d’actions.» Le ministère annonce qu'«une plainte a été déposée par le musée et [qu']une enquête de police est en cours».

En outre, d'après le communiqué, «l’œuvre ne semble avoir subi aucune dégradation importante et le musée du quai Branly-Jacques Chirac prend sans délai toute mesure pour mener à bien les éventuelles restaurations requises». Franck Riester condamne également «l'instrumentalisation du patrimoine à des fins politiques».

La question des restitutions d’œuvres africaines qui sont arrivées dans les musées publics français pendant la colonisation est particulièrement sensible et controversée. Le musée du Quai Branly – Jacques-Chirac dispose de la principale collection des arts premiers africains.

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