Après une étude, Olivier Véran veut modifier les conditions de prescription de l'hydroxychloroquine

Après une étude, Olivier Véran veut modifier les conditions de prescription de l'hydroxychloroquine© Ian LANGSDON / POOL Source: AFP
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Après la parution d'une vaste étude publiée dans la revue médicale The Lancet, qui conclut à l'inefficacité de l'hydroxychloroquine et à sa dangerosité dans le traitement du Covid-19, Olivier Véran a dit vouloir en réviser les règles de prescription.

Le ministre de la Santé Olivier Véran souhaite modifier les règles de prescription de l'hydroxychloroquine, qu'il avait autorisé sous conditions par décret en traitement de certains cas graves de Covid-19. 

«Suite à la publication dans [The Lancet] d'une étude alertant sur l'inefficacité et les risques de certains traitements du Covid-19 dont l'hydroxychloroquine, j'ai saisi le [Haut Conseil de la santé publique] pour qu'il l'analyse et me propose sous 48h une révision des règles dérogatoires de prescription», a en effet écrit le neurologue sur Twitter le 23 mai. 

La célèbre revue médicale britannique The Lancet a publié la veille une vaste étude, menée sur plus 96 000 patients dans le monde, qui conclut à l'inefficacité des différents traitements à base de chloroquine ou d'hydroxychloroquine contre le Covid-19. L'antipaludéen, par ailleurs utilisé dans le traitement d'autres maladies chroniques, aurait des effets secondaires cardiaques dangereux, voire mortels. 

«Dans cette vaste analyse multinationale, nous n'avons observé aucun avantage de l'hydroxychloroquine ou de la chloroquine [lorsqu'ils sont utilisés seuls ou en combinaison avec un macrolide] sur les résultats hospitaliers, lorsqu'ils sont initiés tôt après le diagnostic de Covid-19. Chacun des schémas thérapeutiques de chloroquine ou d'hydroxychloroquine seul ou en association avec un macrolide a été associé à un risque accru d'arythmies ventriculaires et à un risque accru de décès à l'hôpital», peut-on notamment lire dans The Lancet.

Pour étayer cette conclusion, les scientifiques ont analysé les données médicales de patients issus de 671 hôpitaux et pris en charge entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020. 65,9% de ces données provenaient de patients soignés en Amérique du Nord, 17,3% en Europe, 7,9% en Asie, 4,6% en Afrique, 3,7% en Amérique du Sud et 0,6% en Australie. Environ 15 000 patients ont reçu l'une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à un antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81 000 malades du groupe témoin n'ayant pas reçu ce traitement.

L'efficacité du controversé traitement à l'hydroxychloroquine – promu notamment par l'infectiologue français Didier Raoult, – n'a pour l'heure pas été démontrée de façon irréfutable par des études cliniques solides sur le plan méthodologique. Mais l'étude de The Lancet, si vaste soit-elle, ne suffit pas non plus à clore le débat sur l'efficacité de la molécule dans le traitement du Covid-19 : «Cette étude est très bonne parce qu'elle est absolument gigantesque [...] mais ça ne répond pas de manière extrapolable à l'ensemble de la population. Tant qu'une étude prospective "randomisée" ne sera pas faite, on n'aura pas vraiment la réponse», a ainsi déclaré à Franceinfo le cardiologue Milou-Daniel Drici, responsable du Centre régional de pharmacovigilance de Nice. 

Au Etats-Unis, où le traitement du Covid-19 à la chloroquine est autorisé à l'hôpital depuis le 28 mars, le président Donald Trump a relancé le débat autour de l'antipaludéen en déclarant en prendre de façon préventive. L'Agence américaine des médicaments avait pourtant mis en garde contre son utilisation «en dehors d'un milieu hospitalier ou d'essais cliniques», notamment à cause du «risque de troubles du rythme cardiaque».

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