Coronavirus : des personnalités d'Outre-mer interpellent Macron sur la crise sanitaire

- Avec AFP

Coronavirus : des personnalités d'Outre-mer interpellent Macron sur la crise sanitaire© Francois Mori Source: AFP
Le président de la République française Emmanuel Macron est interpellé par des personnalités d'Outre-mer face à la crise sanitaire.

Des personnalités d'Outre-mer interpellent Emmanuel Macron dans une tribune sur les conséquences de la crise sanitaire, qui pourraient être dramatiques pour les territoires ultramarins, sous la menace d'une crise aux multiples facettes.

Le président de la République a été interpellé par des personnalités, majoritairement d'Outre-mer, dans une tribune publiée ce 18 mai, «sur les conséquences de la crise sanitaire qui pourraient être dramatiques» pour les territoires ultramarins. Les signataires précisent que ces derniers sont «sous la menace d'une crise économique, sociale, morale et politique sans précédent». 

Tout en se félicitant «que la catastrophe annoncée sur ces territoires n'ait pas eu lieu», ces personnalités emmenées par Patrick Karam, ancien délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer et président d’Honneur du CReFOM (Conseil représentatif des Français d'outre-mer), soulignent «que les territoires d'outre-mer sont passés tout près d'une hécatombe [...], même si tout danger n'est pas écarté, comme le montre la situation à Mayotte».

Pour RT France, Patrick Karam évoque ce manque de moyens en Outre-mer et explique que «le Conseil scientifique avait annoncé que l'épidémie pourrait exploser avec trois ou quatre semaines de décalage avec l'Hexagone». «Les risques étaient une paralysie très rapide du système de santé, d'autant que l'épidémie de dengue sollicitait déjà des faibles capacités sanitaires. Pour vous donner un exemple, l'île de Mayotte ne compte que 300 lits au CHU alors qu'il [en faudrait] 900. Un quart des lits en réanimation n'a pas de respirateurs. Sur la Guadeloupe et la Martinique, c'est 50 lits d'hôpitaux par tranche de 10 000 habitants. On est très loin du compte», poursuit-il.

Face à la gestion de cette crise sanitaire sans précédent, il accuse également : «C'est le président de la République qui est en première ligne. Soit il décide de changer la donne et de revoir totalement les relations que la République peut avoir avec l'Outre-mer et dans ce cas-là, il met en place des politiques très volontaristes, soit il décide de faire ce que ses prédécesseurs ont fait c'est à dire gérer l'immédiateté, gérer la crise mais sans prendre des réelles mesures, mais dans ce cas-là il faut qu'il se prépare à des lendemains extrêmement difficiles».

Les territoires d'Outre-mer comptaient le 18 mai plus de 2 450 cas déclarés de Covid-19, dont plus de la moitié à Mayotte, qui enregistre aussi 18 des 50 décès recensés dans l'ensemble de ces territoires. «Cette crise a joué le rôle d'un révélateur des carences structurelles et de la paupérisation dramatique de nos territoires d'outre-mer, dénoncées année après année», écrivent encore les signataires de la tribune, dont la chanteuse du groupe Kassav Jocelyne Beroard, les acteurs Pascal Légitimus et Firmine Ricard ou encore la journaliste Christine Kelly.

L'Etat doit dégager les moyens d'un plan d'investissements massifs

«Déjà largement touchés par la pauvreté, le chômage, les retards économiques et des carences criantes des systèmes de santé et d'éducation, les territoires d'outre-mer seront, à quelques exceptions près, très durement frappés par les répercussions de cette crise sanitaire» et pourraient «se transformer en une véritable poudrière», d'après les signataires, qui réclament une longue série de mesures économiques. «Pour répondre à la problématique immédiate du décrochage social», ils demandent par exemple «la création d'un chèque permettant d'acquérir des biens essentiels».

Ils demandent aussi que l'Etat «dégage les moyens d'un plan d'investissements massifs» sur «les hôpitaux, l'accès à l'eau, au traitement des déchets, à l'électricité, à l'économie numérique, verte et bleue, mais aussi des moyens pour l'éducation avec une priorisation des crédits du plan d'investissement dans les compétences (PIC), la santé, la lutte contre la pauvreté et l'illettrisme».

«Cette crise met en lumière le profond malaise des sociétés ultramarines [et] sur ce malaise, surfent des groupuscules qui s'interrogent sur l'appartenance à l'ensemble français», écrivent encore les signataires.

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