Attaque au couteau à Romans-sur-Isère : l'assaillant soudanais mis en examen

- Avec AFP

Attaque au couteau à Romans-sur-Isère : l'assaillant soudanais mis en examen© JEFF PACHOUD Source: AFP
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner à Romans-sur-Isère le 4 avril.

L'assaillant de 33 ans qui a tué au couteau deux personnes à Romans-sur-Isère a été mis en examen après avoir été présenté le 8 avril à Paris à un juge d'instruction antiterroriste. Il «aurait agi seul», selon les enquêteurs.

Abdallah Ahmed-Osman, un réfugié soudanais qui a assassiné au couteau deux personnes le 4 avril à Romans-sur-Isère dans la Drôme, a été mis en examen le 8 avril par un juge d’instruction antiterroriste à Paris, pour «assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste».

«Les premières investigations tendent à démontrer qu’il aurait agi seul, sans avoir été commandité par une organisation terroriste», a détaillé peu de temps avant le parquet national antiterroriste (Pnat) qui a également annoncé qu'il a demandé son placement en détention provisoire.

Un demandeur d'asile soudanais qui résidait dans le même foyer que l'assaillant ainsi qu'un réfugié de 28 ans de même nationalité, proche de l'assaillant, avaient été aussi été placés en garde à vue le 4 avril. Le premier a été libéré le 6 avril, le second le 8 avril au matin. Ils ne font l'objet d'aucune poursuite.

Selon une source proche de l'enquête, Abdallah Ahmed-Osman a affirmé en garde à vue «ne pas se souvenir de ce qui s'est passé». Selon une autre source proche de l'enquête, confirmant des informations de Franceinfo, il a affirmé aux enquêteurs à plusieurs reprises se sentir «mal dans sa peau», «épié», et «supportait mal le confinement et son chômage technique» alors qu'il était employé dans la maroquinerie.

Lors d'une perquisition à son domicile ont été trouvés «des documents manuscrits à connotation religieuse» dans lesquels il se plaint «notamment de vivre dans un pays de mécréants», selon le Pnat. Six téléphones, dont cinq anciens appareils non exploitables, ont également été saisis. Une première expertise du sixième, qu'il utilisait actuellement, n'a pas permis de retrouver d'élément saillant pour l'enquête, a fait savoir pour l'AFP une source proche du dossier.

Les investigations ont été confiées à la Sous-direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire, qui coordonne l'enquête, ainsi qu'à la Direction centrale de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure.

Abdallah Ahmed-Osman, né le 1er janvier 1987 à Tendelti, au Soudan, est inconnu des services de police et de renseignement français ou européens et n'avait «a priori pas d'antécédents médicaux», d'après le Pnat.

L'homme avait été accompagné par les services de l'Etat et le Secours catholique

Cet homme de nationalité soudanaise est entré en France en août 2016, a obtenu le statut de réfugié fin juin 2017 et le mois suivant un titre de séjour de dix ans par la préfecture de la Drôme. Il a d'abord vécu à Moras-en-Valloire, dans le nord du département, «accompagné par les services de l'Etat et le Secours catholique», selon un communiqué du maire de la commune, Aurélien Ferlay qui assure que «rien, absolument rien, ne laissait présager [son] acte immonde».

Installé récemment dans le centre de Romans-sur-Isère, dans un logement à quelques mètres des lieux de l'attaque, l'individu a obtenu début 2020 un certificat professionnel de maroquinerie, et travaillait dans une entreprise spécialisée dans le secteur.

L'attaque dans les rues commerçantes de Romans-sur-Isère, dans un bureau de tabac, une boucherie et une boulangerie, commencée peu avant 11 heures le 4 avril, a fait deux morts, un client d'une boucherie né en 1965 et un commerçant né en 1976. Cinq personnes ont été blessées, dont trois étaient le 8 avril au matin toujours hospitalisées dans un état stable, parmi lesquels un gérant d'un bureau de tabac où Abdallah Ahmed-Osman «avait l'habitude de se rendre régulièrement».

Cette attaque, en plein confinement, est intervenue alors que la France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d'attentats djihadistes sans précédent amorcée en 2015, qui a fait 258 morts au total après l'attaque du 4 avril.

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