Coronavirus : les associations alertent sur le sort des sans-abris

Coronavirus : les associations alertent sur le sort des sans-abris© Sylvain THOMAS / AFP Source: AFP
Une femme sans abri reçoit de la nourriture d'une association à Montpellier. Le 18 mars 2020.

Dans les rues de France vidées par le confinement, des milliers de sans-abri sont livrés à eux-mêmes, délaissés par des services d'urgence engagés dans la lutte contre le Covid. Les associations tirent la sonnette d'alarme et appellent à l'aide.

Depuis le début du confinement décrété par le président de la République le 16 mars, les associations dédiées aux plus démunis lancent des appels aux dons et à la mobilisation en urgence pour venir en aide aux SDF qui subissent de plein fouet les conséquences de la crise du Covid-19.

C'est le plus souvent depuis les réseaux sociaux que les appels sont émis. Sur Twitter, une vidéo d'une personne sans-abri a déclenché une vague d'indignation. «Il n'y a aucun ordre qui a été donné pour nous au niveau de la présidence. On est nombreux à être à la rue, à se demander qu'est ce qui va nous arriver», confie David, SDF à Lille. 

L'association Entourage, qui compte près de 100 000 membres, appelle à l'aide les citoyens. Claire Duizabo, membre de cette association, raconte à Loopsider comment elle se prépare à aider les SDF : «Aujourd'hui beaucoup sont seuls et surtout, il y en a plein qui n'ont pas accès à l'information et qui ne comprennent pas ce qui se passe [...] L'urgence pour nous c'est d'informer de la situation, on communique beaucoup pour leur expliquer ce qui se passe et leur communiquer les gestes barrières [...] Ce n'est pas interdit d'aller voir les personnes SDF pour justement maintenir le lien et recueillir leur besoin.»

Face au coronavirus, le gouvernement a prolongé de deux mois la trêve hivernale, jusqu'à fin mai, de quoi suspendre les expulsions et éviter des retours dans la rue pour les 14 000 personnes logées en centres d'hébergement d'urgence pendant l'hiver.

Les personnes à la rue, les grands précaires, les personnes en errance sont en danger, certaines en danger de mort

Face aux salariés «forcés» de garder leurs enfants et aux bénévoles – souvent retraités et vulnérables au virus – qui se confinent, les associations tentent de faire face, mais ont renoncé à certaines activités. Maraudes et distributions alimentaires sont moins fréquentes, et nombre d'accueils de jour n'ouvrent plus.

De nombreuses associations ont dû suspendre une partie de leurs actions en raison d'un manque de bras. Employés et bénévoles étant confinés, elles manquent en outre cruellement de matériel.

Le Secours populaire de Paris, qui pointe «l'isolement accru» de ceux qui vivent dans la rue, se concentre ainsi sur l'aide alimentaire et envisage des solutions comme le portage des repas à domicile. La Croix-Rouge française a également suspendu certaines activités pour prêter main-forte au Samu dans l'orientation et le transport des malades. Médecins sans frontières (MSF), de son côté, prévoit d'ici quelques jours des «activités mobiles de consultation et dépistage» du Covid-19 auprès des plus vulnérables et prendra en charge des cas de personnes infectées dans des structures d'hébergement dédiées.

Face au virus, «les personnes à la rue, les grands précaires, les personnes en errance sont en danger, certaines en danger de mort», met en garde la Fondation Abbé Pierre, qui elle aussi appelle à la générosité. 

Le gouvernement réquisitionne des chambres d'hôtels pour les SDF

Le gouvernement quant à lui a commencé à réquisitionner des chambres d'hôtel afin de permettre aux sans-abri de se confiner à l'heure où l'épidémie de Covid-19 frappe la France, a fait savoir le ministre du Logement Julien Denomandie. La mobilisation du gouvernement, des collectivités et des associations est «totale» pour mettre à l'abri les SDF, a souligné le ministre lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. «La situation est évidemment compliquée parce que cette mise à l'abri nécessite des dispositifs particuliers, on privilégie notamment les chambres individuelles, les hôtels», a expliqué le ministre du Logement.

«On travaille beaucoup avec ces derniers pour libérer un maximum de chambres», a-t-il complété. Les premières ont été ouvertes mercredi soir à Paris. Plus de 170 seront proposées dans la capitale d'ici la fin de la semaine. Le gouvernement va également proposer des solutions spécifiques pour les sans-abri infectés par le Covid-19 mais dont l'état ne nécessite pas une hospitalisation. «Pour ces personnes-là nous ouvrons d'ores et déjà des centres dédiés», a fait savoir, précisant que 150 places seront disponibles à Paris et dans ses environs d'ici à la fin de la semaine.

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