Migrants : Marine Le Pen assimile les agissements du président turc à un «acte de guerre»

Migrants : Marine Le Pen assimile les agissements du président turc à un «acte de guerre»© Ludovic Marin Source: AFP
Marine Le Pen le 3 mars (image d'illustration).

À l'approche d'une rencontre entre les dirigeants de l'Union européenne, de l'OTAN et le président turc Recep Tayyip Erdogan, la présidente du Rassemblement national a appelé à la plus grande fermenté envers la Turquie.

Marine Le Pen s'est fendue d'une lettre ouverte adressée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et à Charles Michel, président du Conseil européen, afin de les appeler à ne pas céder aux demandes du président turc Recep Tayyip Erdogan, attendu le 9 mars à Bruxelles. 

«L’échange du 9 mars ne doit pas être une occasion de faire de nouvelles concessions, alors que les accommodements avec monsieur Erdogan depuis 2016 sont perçus comme de la faiblesse», a-t-elle notamment écrit. 

L'Europe doit cesser d'accueillir des migrants

«Au contraire, l’Union européenne doit montrer, avec fermeté, sa solidarité totale avec une nation démocratique de 10 millions d’habitants [la Grèce] menacée par un Etat autoritaire de 84 millions d’habitants», a enchaîné la présidente du Rassemblement national (RN), avant d'ajouter que les efforts de la Grèce pour contenir le flux de migrants illégaux devaient être soutenus. 

Marine Le Pen a profité de l'occasion pour étriller l'OTAN, dont la Turquie fait partie, qu'elle qualifie d'«organisation sclérosée dans des schémas de la Guerre froide» et de «structure en état de "mort cérébrale"».

«L'Europe doit cesser d'accueillir des migrants», écrit-elle plus loin, estimant que les Européens avaient «le droit de vivre sur le plan matériel et culturel en sécurité». 

Un «acte de guerre»

S'exprimant plus tôt sur RTL, Marine Le Pen n'avait pas hésité à assimiler les agissements de la Turquie – «forcer par la violence les frontières d'un pays européen» – à un «acte de guerre». Elle avait également accusé à Ursula von der Leyen de «dire que : ce qu'il faut, c'est payer à nouveau les Turcs, encore donner à peu près 500 millions». 

Marine Le Pen a appelé Emmanuel Macron à immédiatement «rappeler notre ambassadeur», à «renvoyer l'ambassadeur turc en Turquie» et «surtout» à «remettre en place nos frontières».

Son vice-président Jordan Bardella a lui annoncé sur Twitter qu'il se rendait aux frontières de l'Europe en compagnie de l'eurodéputé Jerome Riviere. «Nous allons constater de nos yeux ce qui s'y passe, et nous vous rendrons compte de la situation sur place», a déclaré l'eurodéputé

François-Xavier Bellamy appelle à suspendre les visas des Turcs

L'appel à la fermeté n’est pas resté circonscrit au RN, au sein de la classe politique française. Le chef de file des députés Les Républicains au Parlement européen, François-Xavier Bellamy, a prôné sur CNEWS la suspension des «aides que nous versons à la Turquie». 

«Ce pays déstabilise toute la région, il est inconcevable que nous continuions à soutenir ce régime», estimé l'eurodéputé de droite. Allant plus loin, ce dernier a appelé à «suspendre les visas qui sont attribués à des citoyens turcs» et à «remettre en cause le partenariat douanier qui nous lie à la Turquie» «Et alors on verra si monsieur Erdogan parle aussi fort. Il n'y a aucune raison que nous cédions à ce chantage», a-t-il conclu. 

La Commission européenne pourrait octroyer une aide additionnelle de 500 millions d'euros pour les réfugiés syriens en Turquie et plusieurs autres mesures afin d'apaiser les tensions avec Ankara. L'Allemagne a en outre annoncé que des pays volontaires étaient prêts à accueillir 1 500 mineurs actuellement réfugiés en Grèce.

Le président turc a décidé, fin février, de laisser libre le passage des migrants aux frontières de l'Union européenne qu'il accuse de ne pas assez l'aider à contenir les flux migratoires. L'aide de six milliards d'euros promise par l'UE à la Turquie pour prendre en charge environ quatre millions de migrants a été en partie honorée : 4,7 milliards ont été engagés dont 3,2 milliards ont déjà été décaissés, selon la Commission européenne.

Recep Tayyip Erdogan espère aussi le soutien des pays de l'UE et de l'OTAN dans son intervention militaire en Syrie et son bras de fer avec Damas.

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