Blocage du périphérique, immolation symbolique et gaz lacrymogène : les pompiers manifestent à Paris

Dénonçant un «manque de considération», les sapeurs-pompiers en grève manifestaient à Paris ce 28 janvier. Dans la soirée, les syndicats de pompiers ont annoncé la fin de leur mobilisation, après plusieurs annonces du ministère de l'Intérieur.

Ce 28 janvier, des sapeurs-pompiers en grève ont bloqué le périphérique à Paris au grand dam de la préfecture de police, peu avant une manifestation qui est partie de la place de la République en direction de la place de la Nation. Immolation symbolique, fumigènes, sirènes, pétards : les pompiers se sont montrés bien décidés à faire entendre leurs revendications. Des heurts ont éclaté à plusieurs reprises entre des manifestants et les forces de l'ordre.

En début d'après-midi, de nombreux pompiers se sont rassemblés place de la République à Paris pour défiler en cortège à l'appel de l'intersyndicale, qui dénonce le «manque de considération» des autorités envers leur corporation.

C'est le cas de Loïck qui explique la colère qui règne dans sa profession au micro du reporter de RT France Fabien Rives. Il regrette le manque d'écoute du gouvernement qui ne veut pas reconnaître les pompiers dans la catégorie professionnelle «dangereuse et insalubre». Si leurs revendications sont spécifiques à leur profession, Loïck estime que la fronde actuelle contre la réforme des retraites concerne également les sapeurs-pompiers.

Immolation symbolique, coups de matraques et gaz lacrymogènes

Peu après 14h, la manifestation s'est élancée en direction de la place de la Nation au son des sirènes de pompiers et de pétards.

En guise de symbole de leur détresse, deux pompiers se sont immolés par le feu en pleine avenue de la République. Immolation rapidement éteinte par leurs confrères.

Auteur: RT France

Principale revendication : les pompiers réclament la revalorisation de leur prime de feu qui est actuellement à hauteur de 19% de leur salaire de base. Cette prime n'a pas été revalorisée depuis 1990.

En moins d'une heure de manifestation, des tensions ont commencé à éclater entre pompiers et forces de l'ordre. Coups de matraque et gaz lacrymogènes ont commencé à pleuvoir sur les manifestants, comme le rapporte le journaliste Jonathan Moadab, présent sur place.

Les images montrent en outre une mêlée avec d'un côté les pompiers en tenue et casques, et de l'autre les CRS en tenue également.

Les pompiers manifestants ont entonné la Marseillaise avant d'arriver à Nation, terme de la mobilisation.

Des scènes de violence au terme de la manifestation

Des tensions sont de nouveaux survenues, notamment, lorsque des manifestants ont tenté de forcer un mur anti-émeutes des forces de l'ordre.

L'un de nos reporters filme en direct les tensions, en fin d'après-midi, cours de Vincennes, près de la place de la Nation. 

Un autre de nos reporters a fait état de plusieurs blessés à déplorer.

La préfecture de police de Paris a fait savoir sur Twitter, vers 17h30, que deux personnes avaient été interpellées sur le cours de Vincennes.

Castaner annonce une revalorisation, les syndicats de pompiers stoppent leur mobilisation

Plus tôt dans l'après-midi, les pompiers avaient bloqué le périphérique de la capitale, à la surprise générale. La préfecture de police avait alors dénoncé sur Twitter l'«inadmissible blocage du périphérique intérieur [dans le] secteur [de la] Porte de Bagnolet par certains pompiers professionnels qui ne respectent pas l’itinéraire déclaré».

Cette manifestation s'inscrivait dans le cadre d'une journée nationale de mobilisation qui n'était pas la première du genre. Les pompiers avaient déjà défilé à Paris en octobre. Outre la prime de feu, de nombreuses revendications alimentaient leur colère : la non-reconnaissance de leur métier comme une profession à risques impacte leurs salaires et leurs retraites de manière négative. Ils dénonçaient également le manque d'effectifs ou encore les nombreuses agressions à leur encontre.

Or, pendant que les soldats du feu battaient le pavé, les syndicats de pompiers professionnels ont rencontré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Le gouvernement s'est notamment engagé à revaloriser dès l'été prochain la prime de feu à 25% du salaire de base — contre 19% actuellement — et à préserver les mécanismes permettant aux pompiers de partir en retraite anticipée en échange de cotisations supplémentaires, selon Frédéric Perrin, président du syndicat Spasdis-CFTC, l'un des sept syndicats mobilisés ces derniers mois.

Conséquence : les syndicats de pompiers ont décider de cesser leur mobilisation. «L'intersyndicale a pris acte des engagements forts du ministère et a décidé de suspendre le mouvement et d'appeler à l'arrêt de la grève et à reprendre le travail normalement à partir du 1er février», a expliqué Frédéric Perrin.

Lire aussi : Impressionnantes scènes de heurts avec les forces de l'ordre, au terme d'une marche de pompiers

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