Ironique ? La CFDT condamnée pour abus de pouvoir et intimidation contre ses militants

Ironique ? La CFDT condamnée pour abus de pouvoir et intimidation contre ses militants© POOL Source: Reuters
Laurent Berger lors d'une concertation avec le gouvernement le 25 novembre 2019.

Alors que le patron de la CFDT, Laurent Berger, fustigeait fermement l'intrusion d'opposants au QG du syndicat le 17 janvier, la centrale a été condamnée pour un coup de force similaire à l'encontre de ses propres militants au sein d'une section.

Un couac pour la CFDT. Le Canard enchaîné révèle le 22 janvier que le syndicat dit réformiste qu'est la CFDT a été condamné le 16 janvier pour violence envers ses militants. «Des gros bras», précise le journal, avaient en 2015 «fracturé les portes des locaux du syndicat des Grands magasins pour le placer sous administration provisoire et faire, au passage, main basse sur ses comptes bancaires».

Le tort de ces militants aux yeux de la CFDT ? S'être opposés à des directives nationales du syndicat, notamment sur le travail du dimanche, selon Le Canard enchaîné. D'ailleurs, leurs prises de position publiques contre la CFDT n'auraient pas du tout plu à Laurent Berger, selon Le Figaro. Après l'épisode des gros bras, les syndicalistes ont de fait décidé de porter plainte contre leur centrale. 

Le 16 janvier, quatre ans après les faits, la cour d'appel de Paris a donné raison aux militants de la section. Dans son jugement, il est précisé que «La CFDT a outrepassé les pouvoirs qu’elle tient de ses statuts» et qu'il «ne ressort pas des statuts de la CFDT ni de son règlement intérieur dans sa version en vigueur à l’époque des faits que la confédération avait le pouvoir de mettre un syndicat confédéré sous administration provisoire ou sous tutelle».

Ironie de l'histoire, au lendemain de ce jugement, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger dénonçait l'intrusion, au QG du syndicat, de militants opposés à la CFDT et à la réforme des retraites. Laurent Berger avait ainsi dénoncé dans un tweet l'«agression» verbale et physique dont auraient été victimes les salariés de la CFDT. «Nous condamnons cet acte et nous ne nous laisserons pas intimider», a-t-il ajouté.

La section, qui a obtenu gain de cause, s'est exprimée après le jugement en raillant l'attitude de Laurent Berger : «Ce que Laurent Berger dénonce dans les médias est le strict reflet de ce que nous avons vécu avec la CFDT.»

La procédure de ces anciens cédétistes ne semble en outre pas terminée, puisque ceux-ci exigent que la CFDT «rende tous les documents qu’elle nous a volés, sous peine d’astreintes».

Lire aussi : Syndicats «réformistes» vs «contestataires», une lutte qui sert Macron, le patronat et la CFDT ?

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