Claude Goasguen : la non-livraison des Mistral «coûtera cher» à la France

Le potre-hélicoptère de type Mistral "Sébastopol" Source: RIA NOVOSTI
Le potre-hélicoptère de type Mistral "Sébastopol"

Le refus de Paris de livrer les Mistral à la Russie porte un coup à l’image de la France dans le monde, a annoncé le député Claude Goasguen alors que l’Assemblée nationale a donné son feu vert à l'annulation de la vente des Mistral à la Russie.

Les pertes exactes que la France subira à cause de sa décision de ne pas livrer les deux porte-hélicoptères à la Russie ne sont pas encore connues, selon Claude Goasguen, mais il s’agit d’ores et déjà d’un coup porté au prestige du pays sur l’arène mondiale. Au-delà des 950 millions d’euros que la France doit payer à la Russie, qui ne sont que des dépenses directes liées à la construction des navires, les experts estiment que la somme totale incluant le coût du maintien des porte-hélicoptères pendent deux ans pourrait atteindre deux milliards d’euros, annonce TASS.

Même si les relations entre les deux pays ont connu de meilleurs jours, le député espère que cette situation ne durera pas. Mais, «ayant renoncé à livrer les Mistral, la France a montré qu’elle n’est pas capables de suivre ses intérêts stratégiques», a remarqué le député français sur fond d’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale de la non-livraison des deux bâtiments. 

Ce projet de loi a bénéficié du soutien des socialistes ce qui lui a assuré l’adoption par treize députés qui ont voté en faveur. Mais tous ne trouvent pas correcte le choix du gouvernement français, huit députés ayant montré leur désaccord. Avant tout, c’est le Parti de gauche qui critique l’inexécution du contrat. Leur avis et partagé par les Verts et le Front national, dont le leader Marine Le Pen a qualifié la fin de non-recevoir du contrat de «faute grave de François Hollande».

Chez les Républicains, il n’y a pas d’unité, mais en gros, ils dénoncent les actions du président français. D’après eux, sa décision a endommagé le budget de la France et la confiance en elle en tant que partenaire commercial, et ceci caractérise à leurs yeux «une faute politique».

La France cherche des clients… en vain, pour l’instant

Après la rupture du contrat François Hollande a déclaré que «la France trouvera preneur sans difficulté». Parmi les acheteurs potentiels, des sources officielles et non-officielles mentionnaient près d’une dizaine de pays, dont l’Inde, le Canada, le Brésil, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Viêt Nam et l’Egypte.

Mais le gouvernement canadien a déjà déclaré que pour le moment, il ne s’intéressait plus aux Mistral, un peu vétustes à leurs yeux. Quant à l’Egypte, selon les sources du quotidien financier russe Kommersant, «il est évident que dans la situation actuelle, l’Egypte aura besoin de l’aide financière d’un tiers», sans préciser si Le Caire pourrait bénéficier de crédits de la part de Moscou. La visite du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian en Malaisie n’a pas également porté ses fruits, et son voyage en Inde a été annulé, ce qui cloue les Mistral dans leur port d’attache encore pour une durée illimitée. 

En savoir plus: La France perd ses clients : le Canada n'achètera pas les Mistral dans l’immédiat

En outre, selon les médias russes, le Kremlin a obtenu un droit de véto sur l’éventuelle vente des Mistral à un tiers. Moscou peut exercer cette clause si les navires ne sont pas vendus avec les hélicoptères russes Ka-52, ce qui pourrait être un obstacle supplémentaire pour la France, déjà dans une situation difficile. D’après les informations du quotidien russe Kommersant, Moscou envisage de proposer aux clients potentiels d’acheter des hélicoptères russes Ka-52, pour lesquels le projet Mistral a été spécialement développé.

Conformément au contrat d'1,2 milliard d’euros conclu entre la société française DCNS/STX et Rosoboronexport en 2011 pour la construction de deux navires, le Vladivostok, le premier d’entre eux, aurait dû être livré à la Russie en novembre 2014. Même si le contrat de vente avait été signé avant l’imposition des sanctions occidentales contre la Russie, la France a dans un premier temps, décidé de suspendre la livraison des navires en raison du conflit qui se déroule dans l’Est de l’Ukraine, et finalement de l’annuler.

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