Une association poursuit Gabriel Matzneff en justice pour «apologie de crime»

- Avec AFP

Une association poursuit Gabriel Matzneff en justice pour «apologie de crime»© JACQUES DEMARTHON Source: AFP
L'écrivain Gabriel Matzneff, auteur français de famille russe, pose, le 22 mars 2002 à la porte de Versailles à Paris, au premier jour du 22e Salon du Livre (image d'illustration).

Déjà mis en cause par le parquet de Paris, l'écrivain Gabriel Matzneff est également attaqué en justice par une association pour provocation à commettre des atteintes sexuelles et des viols sur mineurs ainsi que pour apologie de crime.

Une association de prévention de la pédophilie, l'Ange Bleu, attaque en justice l'écrivain Gabriel Matzneff pour «provocation à commettre des atteintes sexuelles et des viols sur mineurs» ainsi que pour «apologie de crime». L'association l'Ange Bleu a choisi de citer elle-même l'écrivain à comparaître devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, spécialisée dans les affaires de presse et de liberté d'expression.

«Gabriel Matzneff a toujours cherché à normaliser la pédophilie», selon l'Ange Bleu

Une première audience de procédure doit avoir lieu le 12 février selon une source judiciaire et l'avocat de l'association. Un éventuel procès n'aurait lieu qu'à longue échéance, mais la question de la prescription – trois mois pour ces infractions visées par la loi sur la liberté de la presse de 1881 – pourrait se poser.

Une citation directe permet notamment à une victime de convoquer directement l'auteur présumé devant le tribunal, sans qu'une enquête préalable ne soit menée par des enquêteurs. C'est à la victime de collecter les preuves de culpabilité de l'auteur présumé des faits. «C'est la première fois que Matzneff va rencontrer le code pénal et qu'il devra répondre de ses actes», a déclaré à l'AFP l'avocat de l'association, Maître Mehana Mouhou.

Il n'exprime aucune réserve ni aucun regret quant à la relation qu’il a entretenue avec une mineure qui à l'époque avait moins de 15 ans

Avant d'ajouter : «Trop longtemps, l'impunité a sévi et la justice doit le juger sans complaisance». Une enquête préliminaire, pour «viols commis sur mineur» de moins de 15 ans a par ailleurs été ouverte par le parquet de Paris le 3 janvier, au lendemain de la parution du livre «Le consentement» de l'éditrice Vanessa Springora, dans lequel elle met en cause l'écrivain de 83 ans pour ses relations avec des mineurs.

Dans sa citation à comparaître, que l'AFP a pu consulter, l'association estime que «Gabriel Matzneff a toujours cherché à normaliser la pédophilie, racontant ses aventures avec des mineurs dans ses ouvrages et autres publications». «Dans son droit de réponse à Vanessa Springora, il n'exprime aucune réserve ni aucun regret quant à la relation qu’il a entretenue avec une mineure qui à l'époque avait moins de 15 ans», ajoute-t-elle, estimant par ailleurs que «le statut d’écrivain célèbre de Gabriel Matzneff renforce le poids de ses propos qui bénéficient alors d'une diffusion à grande échelle».

C'est à coup sûr le scandale de cette deuxième rentrée littéraire. Dans Le Consentement (éd. Grasset, paru le 2 janvier), Vanessa Springora revient sur sa relation, survenue au milieu des années 1980, avec l'écrivain Gabriel Matzneff. A l'époque, elle est une adolescente de 13 ans dont la mère, attachée de presse, gravite dans le milieu littéraire parisien. Gabriel Matzneff est un dandy de 50 ans, figure sulfureuse de Saint-Germain-des Prés qui ne cache pas son goût pour les jeunes gens de «moins de 16 ans» – c'est d'ailleurs le titre de son ouvrage paru en 1974 et réédité en 2005 par les éditions Léo Scheer. L'écrivain va alors entreprendre de séduire la jeune fille mineure, totalement éblouie par l'aura qui émane de l'homme de lettres.

Dans son roman autobiographique, Vanessa Spingora, aujourd'hui âgée de 47 ans, raconte comment elle a été séduite par Gabriel Matzneff à l'âge de 13 ans, la relation sous emprise qu'elle a eue ensuite avec lui et les blessures que cela a entraîné dans sa vie. Elle décrit aussi un homme au comportement de prédateur, faisant du tourisme sexuel en Asie. Les révélations du livre de Vanessa Springora ont déjà agi comme une onde de choc. A l'heure des réseaux sociaux, la sortie de l'ouvrage relance le débat entre défenseurs de l'écrivain – qui dénoncent une forme de puritanisme voire un procès fait à une époque révolue – et ceux défendant les victimes de violences sexuelles. Par ailleurs, la maison d'édition Gallimard a retiré de ses ventes le journal de l'écrivain Gabriel Matzneff, pourtant publié depuis plus de trente ans, notamment son dernier volume «L'Amante de l'Arsenal» sorti le 14 novembre.

Lire aussi : Affaire Matzneff : vers le procès moral du Tout-Paris post-68 ?

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