Classement Pisa des systèmes éducatifs : la France championne... des inégalités

Classement Pisa des systèmes éducatifs : la France championne... des inégalités© PHILIPPE DESMAZES / AFP Source: AFP
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Le classement Pisa 2019 qui évalue les systèmes éducatifs mondiaux, révèle que la France est en 23e position, bien loin des pays asiatiques. En revanche, elle se «distingue» par ses inégalités.

Si la planète était une salle de classe, la France ne serait pas le cancre assis près du radiateur, mais elle serait bien loin du premier rang, occupé par la Chine. C'est ce que révèle le classement du Programme international pour le suivi des acquis des élèves, dit Pisa, publié ce 3 décembre. Depuis 20 ans, cette étude menée par l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, passe au crible le niveau des élèves de 15 ans de 79 pays à travers le monde, soit un échantillon de 600 000 jeunes (dont 6 308 en France).

Comme en 2016, la France est classée 23e, juste au-dessus de la moyenne des 36 pays de l'OCDE. Dans le détail, la France, 25e en mathématiques, 24e en sciences et 23e en lecture, a un score moyen de 493 points, comme ses voisins belges, mais est distancée par le Royaume-Uni (14e) et l'Allemagne (20e). En tête de ce classement, les élèves asiatiques sont indétronables. La Chine (plus exactement quatre provinces chinoises : Pékin-Shanghaï-Jiangsu-Zhejiang) est première (555 points), devant Singapour (549 points), Macao et Hongkong (Chine, 525 et 524 points). On trouve ensuite des pays occidentaux comme l'Estonie ou le Canada. La Finlande, régulièrement citée en exemple pour son modèle éducatif, est 7e, loin de sa première place en 2006.

La France, championne des inégalités

L'un des principaux enseignements du classement est le poids, en France, de l'origine sociale des parents sur la réussite scolaire des enfants. Ainsi, 20% des élèves de milieu aisé figurent parmi les «très performants» en compréhension de l'écrit, contre 2% des élèves issus d'un milieu défavorisé. C'est 4 points de plus que les autres pays de l'OCDE, où le différentiel n'est en moyenne que de 16 points.

En revanche, l'étude Pisa révèle que les inégalités ne se sont pas accentuées entre 2016 et 2019 en France.

Les plus modestes ont également moins d'ambitions pour poursuivre leurs études, y compris s'ils ont de bons résultats scolaires. Chez les meilleurs élèves testés par Pisa, un sur cinq ne prévoit pas de faire des études supérieures quand il vient d'un milieu défavorisé, alors que cette proportion est minime quand il vient d'un milieu favorisé.

Les élèves se plaignent du manque de discipline

Bien davantage que dans les autres pays de l'OCDE, les élèves français regrettent le manque de discipline dans l'enseignement. Interrogé lors de l'enquête PISA, un élève sur deux a affirmé qu'il y avait du bruit et du chahut dans la plupart ou la totalité des cours, contre un sur trois en moyenne dans les pays de l'OCDE.

En outre, les écoliers français se sentent bien plus délaissés par leurs enseignants que leurs camarades de l'OCDE : moins d'un élève sur quatre en France déclare que son professeur lui indique ses points forts, contre un sur trois dans le reste de l'OCDE. Et moins de 40% des élèves français estiment que leur professeur leur indique «souvent ou toujours» comment améliorer leurs résultats, alors qu'ils sont 50% en moyenne dans les pays de l'OCDE.

S'inspirer de l'Asie et de la Finlande, une fausse bonne idée ?

Les chiffres parlent d'eux-même : les écoliers français ne pèsent pas lourd face à leurs homologues asiatiques. Les modèles éducatifs chinois et singapourien reposent sur une sélection drastique, un rythme – très – soutenu et une discipline de fer. A noter aussi qu'il existe d'importantes disparités entre les villes et les campagnes, surtout en Chine. Des exemples à dupliquer en France ? Pas certain. En Chine ou encore au Japon, les taux de suicide chez les jeunes sont très importants, notamment à cause de la pression des parents sur leurs enfants. En 2018, Au Japon, les suicides d’enfants entre 6 et 19 ans ont atteint un niveau record depuis 30 ans, selon les chiffes du ministère de l'Education.

Le modèle finlandais, porté au pinacle ces dernières années dans de nombreux médias, repose sur un tronc commun de 7 à 16 ans, l'interdiction du redoublement et une autonomie accrue des chefs d'établissement et des professeurs rémunérés 10% à 20% de plus qu'en France, mais il est en perte de vitesse depuis une dizaine d'années, en témoigne les sept places perdues entre 2006 et 2019.

Pour sortir la tête de l'eau, la France devra sans doute piocher des idées chez ses voisins étrangers, tout en composant avec ses spécificités locales. Sans quoi, la France risque encore longtemps d'occuper le ventre mou du classement PISA.

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