Manuel Valls veut simplifier un code du travail «illisible», mais se heurte à une forte opposition

Pour Manuel Valls, la réforme du code du travail devrait ressembler à un combat, car l'opposition se fait déjà entendre. Source: Reuters
Pour Manuel Valls, la réforme du code du travail devrait ressembler à un combat, car l'opposition se fait déjà entendre.

A peine Manuel Valls a-t-il déclaré qu'il entendait réformer le code du travail avant l'été 2016 que de nombreux leaders syndicaux et politiques ont réagi très négativement. La réforme voulue ne s'annonce pas de tout repos.

A peine proposée, déjà contestée. Que Manuel Valls se le dise, sa volonté de faire passer «avant l'été» 2016 une réforme du droit du travail ne va pas se faire sans peine. Le Premier ministre a en effet annoncé, ce mercredi, sa volonté «d'élargir la place de l'accord collectif» en offrant «plus de souplesse». Cette sortie fait suite à la remise, ce matin, du rapport de la commission Combrexelle sur la négociation collective, le travail et l'emploi.

Et d'ores et déjà, les opposants à cette idée se sont manifestés, ce mercredi. Le numéro 1 de la CGT, Philippe Martinez «résolument contre cette évolution du code du travail. Le gouvernement veut accentuer le nombre de dérogations possibles au code du travail, qui permet aux citoyens d'être égaux devant la loi». Le leader de la CGT prévient même qu'il pourrait boycotter la conférence sociale des 19 et 20 octobre : «Si l'objet de la conférence sociale, c'est la déréglementation du code du travail, je suis convaincu qu'on n'ira pas».

Cette modification du code du travail est, pour Manuel Valls, «une nouvelle étape de notre réforme du marché du travail». Selon le Premier ministre, le code du travail serait en effet devenu «trop complexe, parfois même illisible».

Un point de vue dénoncé, dans son camp, par Gérard Filoche. Pour le truculent membre du bureau national du PS, interrogé il y a quelques jours par RT France, «Manuel Valls ne connaît rien au code du travail» et sa volonté de changer ce dernier est destinée à «plaire aux patrons. Le Medef veut de toute façon détruire ce code et Manuel Valls semble vouloir s'y plier.»

Toujours au PS, Anne Hidalgo, la maire de Paris et ancienne inspectrice du travail, a estimé qu'il était essentiel de «ne pas affaiblir la protection des salariés», d'autant que «Si le code du travail existe, c’est parce qu’il y a un rapport déséquilibré entre l’employeur et le salarié, et que le code est là pour rétablir une relation qui est une relation inégalitaire». Sur ce sujet, Manuel Valls devrait donc, de nouveau, lutter avec les frondeurs du PS. 

La gauche de la gauche aussi, devrait s'opposer à cette réforme. «Le démantèlement du code du travail est absurde. Vous imaginez que par exemple, dans votre rue, le code de la route ne serait pas le même que dans la rue d'à côté», a par exemple dénoncé Jean-Luc Mélenchon.  

Pour Marine Le Pen, cette réforme du code du travail est même une demande de "la Commission européenne" que la France se contente d'appliquer. Et la patronne du FN de craindre que le projet de réforme n'entraîne «un véritable chantage à l'emploi dans les entreprises» lors de futures négociations. 

La droite, elle, ne voit pas forcément d'un mauvais oeil ce projet, mais regrette que Manuel Valls et François Hollande aient, d'emblée, rejeté la possibilité d'une remise en cause des 35 heures. «Si on empêche d’en parler, si on censure l’idée de parler de la durée du travail, cela veut dire qu’il n’y a pas de réforme véritablement », a ainsi déploré Eric Woerth, chargé du projet des Républicains.

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