Enquête sur Harpon : pourquoi sa femme a été libérée et révélations sur la clé USB

Enquête sur Harpon : pourquoi sa femme a été libérée et révélations sur la clé USB© Martin BUREAU Source: AFP
Le 3 octobre aux abords de la préfecture de police de Paris, les véhicules d'intervention se succédaient (image d'illustration).

Selon les informations du Point, l'épouse de Mickaël Harpon aurait démontré aux enquêteurs qu'elle avait tenté d'alerter des collègues avant l'attaque. Par ailleurs, les données de la clé USB pourraient receler des informations contradictoires.

Selon les informations du magazine Le Point, la remise en liberté de l'épouse de Mickaël Harpon, l'assassin radicalisé de la préfecture de police, qui est intervenue dès le soir du 6 octobre après une mise en garde à vue 72 heures plus tôt, serait notamment due au fait qu'elle aurait tenté de lancer l'alerte. La femme du tueur aurait en effet cherché à prévenir, par SMS, une des collègues de son époux le matin qui a précédé l'attaque.

Il avait auparavant été révélé que Mickaël Harpon et sa conjointe avaient échangé quelque 33 messages écrits, l'échange se concluant par «Allahou akbar». Mais dans son message à la collègue de son mari, l'épouse Harpon aurait expliqué que son mari «n'allait pas bien», selon l'hebdomadaire. La collègue en question aurait simplement répondu qu'elle n'avait pas vu Mickaël Harpon «depuis longtemps» et qu'elle prendrait de ses nouvelles. Malheureusement, cet échange aurait eu lieu seulement quelques instants avant que le terroriste ne passe à l'acte.

Cette inquiétude, pas tout à fait formalisée de la part de l'épouse de l'assaillant radicalisé, aurait suffi à la faire relâcher sans poursuite pour le moment. Mais Le Point précise que «le procureur antiterroriste pourra toujours procéder à une nouvelle interpellation et disposera encore de 24 heures de garde à vue pour la confronter, le cas échéant, à des avancées significatives de l'enquête». Selon cette même source, elle aurait découvert l'attaque dans les médias et était en train de suivre l'affaire sur une chaîne d’actualité en continue lorsque les forces de l'ordre se sont rendues chez elle pour procéder à son interpellation.

Selon les premiers éléments qui auraient fuité, après cette mise en garde à vue, la femme de Mickaël Harpon ne fréquentait pas, comme son mari, la mosquée de la Fauconnière à Gonesse. Sans emploi, elle aurait également déclaré ne pas porter le voile et prier à la maison. Elle aurait en outre affirmé que les relations avec son mari n'étaient «pas au beau fixe depuis plusieurs jours». Il aurait eu une crise proche de la démence dans la nuit précédant l'attaque, durant laquelle il se serait mis à réciter la profession de foi des musulmans. Elle a décrit Mickaël Harpon comme «possédé» à cet instant, «en larmes et prostré», selon Le Point. Selon les informations de France info, l'épouse aurait également expliqué au cours de l'interrogatoire : «Pas un seul instant, je n’ai pensé qu’il pouvait s’en prendre à quelqu'un d’autre que lui-même.»

Nouveaux éléments sur la clé USB

Par ailleurs, selon les informations du journaliste du Point, Aziz Zemouri, un autre élément d'enquête aurait été mal traité par les médias au cours des jours qui ont suivi l'attaque du 3 octobre. Il a ainsi tweeté le 9 octobre : «Aucun transfert de données entre l'ordi pro de Harpon et son ordi perso. Sa clé comporte uniquement des fichiers pros de même que les vidéos de Daesh appartiennent à la DRPP, son employeur, il reste des milliers de mails à exploiter.»

Selon cette source, donc, la fameuse clé USB de Mickaël Harpon, dont il avait dans un premier temps été révélé par Le Parisienqu'elle avait été trouvée à son domicile alors qu'elle se trouvait en réalité à son lieu de travail (ce qui a été confirmé par Christophe Castaner ce 10 octobre devant le Sénat), aurait contenu des informations à vocation professionnelle et le terroriste n'aurait pas transféré ces données vers son ordinateur personnel, selon les informations disponibles à ce stade de l'enquête.

Lire aussi : Des messages djihadistes laissés sur les téléphones des commissariats d'Ile-de-France

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