France

Macron tente de briller à l'international... malgré les dossiers brûlants de la rentrée hexagonale

Avec un agenda chargé et plutôt prestigieux sur la scène internationale, Emmanuel Macron tient le devant de la scène, se positionnant comme médiateur dans les grandes crises actuelles. Une posture qui contraste avec sa politique intérieure.

La rentrée politique du président français est marquée par une activité intense au niveau international. A travers de multiples rencontres au sommet sur les grandes crises actuelles, Emmanuel Macron tente en effet de briller au cœur des relations diplomatiques et d'occuper une position déterminante dans l'échiquier mondial.

Après avoir reçu Vladimir Poutine au fort de Brégançon le 19 août, c'est Boris Johnson qu'Emmanuel Macron rencontre le 22 août et il recevra le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif le 23 août, juste avant de se rendre au sommet du G7 qui se tiendra à partir du 24 août à Biarritz.

Après sa rencontre avec le président russe, des avancées possibles sur la crise dans les provinces pro-russes d'Ukraine semblent se dessiner, Emmanuel Macron ouvrant la voie à un prochain sommet au format «Normandie», entre Russie-Ukraine-France-Allemagne.

Vladimir Poutine a, de son côté, loué «le rôle très important, voire clé» de Paris pour permettre le retour en juin dernier de la Russie à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Avec Boris Johnson le 22 août, Emmanuel Macron a encore une fois souhaiter faire la démonstration de ses qualités de diplomate. Les deux dirigeants ont affiché un ton plus conciliant sur le Brexit en affirmant leur volonté de trouver un accord pour une sortie ordonnée du Royaume-uni de l'Union européenne, et jugeant possible de s'entendre sur la frontière irlandaise. Le président français s'est notamment déclaré «confiant» qu'une solution puisse être trouvée «dans les 30 prochains jours» entre Londres et les 27.

La France veut aussi pratiquer sa propre politique sur le dossier iranien, en prenant ses distances vis-à-vis de celle pratiquée par l'administration Trump. Et Emmanuel Macron s'est résolument placé en médiateur de la crise.

En effet, depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis de l'accord de Vienne, les tensions sont légion. L'Union européenne et la France en tête, a décidé de mettre en place un mécanisme censé permettre de contourner les sanctions américaines. C'est pour essayer de sauver l'accord de Vienne qu'Emmanuel Macron recevra le 23 août le ministre iranien des Affaires étrangères. «J'aurai dans les prochaines heures, avant le G7, une réunion avec les Iraniens pour essayer de proposer des choses», a déclaré le président le 21 août devant la presse. «Il y a des propositions sur la table [...] et nous allons travailler sur ces propositions», a de son côté réagi le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, indiquant ainsi que son gouvernement était disposé à négocier avec Paris.

Le président français espère à cet effet arriver au sommet de Biarritz le 24 août avec des garanties iraniennes. Ce qui lui donnera une prestance internationale de premier plan. Mais cette hyperactivité sur la scène internationale suffira-t-elle à ce que sa rentrée politique soit une réussite ? En effet, sur le plan intérieur, de nombreux dossiers brûlants attendent le chef de l'Etat : réforme des retraites, loi bioéthique, grogne des agriculteurs, crise des urgences, sont au menu de la rentrée présidentielle.

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