Jean-Marie Le Pen brouille les pistes

Jean-Marie Le Pen a donné une conférence de presse en marge de l'université d'été du FN. Source: Reuters
Jean-Marie Le Pen a donné une conférence de presse en marge de l'université d'été du FN.

En jouant la carte de l'apaisement tout en annonçant la création d'une nouvelle formation politique, le patriarche avance ses pions. Marine Le Pen a balayé l'initiative d'un revers de la main.

Le menhir a réuni ses troupes. Et ils n’ont pas été déçus ! Alors que l’université d’été du Front National se déroule jusqu’à demain au Parc Chanot de Marseille, JMLP a pris soin d’organiser un déjeuner débat… à Marseille ! A quelques kilomètres de sa fille, il a pu faire part de ses envies de réconciliation aux dizaines de soutiens locaux venus l’écouter. «Je souhaite que l'on débouche sur une unité, condition sine qua non de la victoire, je veux que cesse cette division», a-t-il déclaré.

S’il agite le drapeau blanc, ce n’est pas sans exiger quelques contreparties. Celui qui a été exclu du parti qu’il a créé le 20 août dernier veut mettre fin «à la chasse aux sorcières» dont serait victime ses fidèles. Parmis lesquels certains ont été exclus ou ont démissionné du parti.

A commencer par les listes pour les régionales. Le patriarche ne veut pas voir ses proches hors-jeu : «Marine doit comprendre que pour gagner, elle doit mettre toutes les chances de son côté et ne pas négliger ceux qui ont l'expérience.»

Jean-Marie Le Pen surprend son monde

Ce qui risque le plus de compromettre cet effort vers la paix, c’est la nouvelle formation du menhir. Une annonce qui a fait l’effet d’une bombe même si d'aucun, du côté de chez Marine, la redoutait. Rassemblement bleu-blanc-rouge. C’est le nom choisi par JMLP pour cette formation basée sur le modèle du Rassemblement bleu Marine. Ce dernier regroupe plusieurs partis souverainistes. Un moyen pour la formation d’attirer ceux qui souhaitent s’associer au Front National sans nécessairement s’encarter. Par cette manoeuvre, Jean-Marie Le Pen espère rassembler autour de lui les partisans d’une vision plus traditionnelle du front.

«Le Front national et Marine Le Pen seront bien en peine de refuser notre démarche», a estimé M. Le Pen.

Les statuts du FN qui interdisent la double-appartenance à un mouvement politique «quel qu'il soit» pourrait cependant freiner les velléités du patriarche.

Le fondateur, tout en appelant à l’apaisement, n’a pas totalement exclu la possibilité de présenter une liste dissidente à celle de sa petite-fille, Marion Maréchal-Le Pen pour la conquête de la région PACA. Il juge pourtant l’hypothèse «peu probable». Mais prévient : «Je tirerai jusqu'au dernier moment.»

«Je ne considère pas du tout les événements actuels comme une tempête définitive, un tsunami qui détruit tout» au sein du parti, a ajouté M. Le Pen. Problème, Marine ne le voit pas du même oeil.

La président du FN a vivement réagit à l'annonce de la création de la nouvelle formation de son père : «Jean-Marie Le Pen peut créer toutes les associations qu'il veut, il n'y a pas d'associations au sein du FN, il n'y a pas de courant constitué.»

L'occasion pour elle d'envoyer une petite pique à ses adversaires de la rue de Solferino : «Heureusement pour le FN quand on voit ce que ça donne au PS.»

Elle a rappelé que son père était «un homme libre» tout à fait en mesure de monter toutes les associations qu'il souhaite «en dehors du FN».

Il semble que la tragédie grecque touchant le mouvement souverainiste n'ait pas atteint son dénouement. Tout cela, à quelques mois des régionales.





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