Voté à l'Assemblée, le projet de loi énergie et climat déçoit les ONG

Voté à l'Assemblée, le projet de loi énergie et climat déçoit les ONG© CHARLES PLATIAU Source: Reuters
Une manifestation pour le climat, le 28 juin 2019.

L'Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de loi sur l'énergie et le climat qui décrète «l'urgence écologique et climatique» et prévoit d'atteindre la «neutralité carbone» à l'horizon 2050, mais déçoit ONG et opposition.

Le projet de loi énergie et climat a été adopté à main levée dans un hémicycle très dépeuplé au terme de trois jours de débats parfois ardents, alors qu'au dehors sévissait la canicule. Il sera au menu du Sénat à partir du 16 juillet. L'absence de parlementaires, notamment de la majorité, est surprenante dans la mesure où le Premier ministre Edouard Philippe avait placé l'écologie comme une priorité de l'acte II du quinquennat, lors de son intervention devant les parlementaires, le 12 juin 2019.

A l'issue des débats, des élus de divers bords ont ainsi déploré, à l'instar de Julien Aubert (Les Républicains – LR) une fin d'examen «avec un hémicycle composé d'une vingtaine de personnes». Le ministre de la Transition écologique François de Rugy a malgré tout défendu un texte qui, selon lui, «redonne clairement le cap d'une ambition forte» sur le climat.

Sur le fond, Huguette Tiegna (LREM) a vanté une loi qui «vient à pic», défendant la «neutralité carbone en 2050», «la fin des centrales à charbon d’ici 2022», la lutte contre «les passoires énergétiques, en incitant, oblig[eant], puis sanction[nant]».

Nicolas Turquois (Modem) a salué le texte d'une formule quelque peu ambigüe, le qualifiant d'«ambitieux par son pragmatisme».

Ancien macroniste, exclu du groupe LREM le 20 décembre 2018, Sébastien Nadot est pour sa part déçu du texte : «Nous devions accélérer.... Malheureusement, sur les passoires énergétiques, nous n’avons pas accéléré mais plutôt reporté ! Encore une occasion manquée par LREM. Jusqu’ici tout va bien ?»

Dans l'opposition, la déception était largement de mise. Les élus LR ont voté contre, Julien Aubert se montrant particulièrement critique :«La baisse du nucléaire et le subventionnement open bar des énergies renouvelables coûtera des dizaines de milliards d’euros aux contribuables sans s’attaquer aux émissions de CO2.»

Il ajoute que «les objectifs très ambitieux de réduction par six des gaz à effet de serre ne sont supportés par aucun chiffrage crédible». «Faire un hara-kiri économique pour un dix-millième de température en moins, c’est stupide», s'offusque le député gaulliste.

«Petite loi de l'énergie»

Laure de La Raudière (UDI et indépendants) a pour sa part déploré une «petite loi de l'énergie».

S'abstenant, François-Michel Lambert (Libertés et territoires) a jugé «extraordinaire» de débattre de ce texte, jugé «très léger», alors que des records de chaleur sont battus dans le pays.

A gauche, Marie-Noëlle Battistel (PS) qui avait fait part de sa déception en amont, a reconnu des «points positifs» lors des débats, notamment sur la rénovation énergétique, et opté au final pour une «abstention constructive», tandis que Mathilde Panot (La France insoumise) a critiqué un texte avec «des beaux mots» mais «ridicule au vu de l'urgence écologique et climatique».

Les associations environnementales du Réseau action climat (Greenpeace, France Nature environnement, WWF...) ont aussi dénoncé «une loi d’affichage» avec «peu de conséquences concrètes». Selon elles, les députés ont voté symboliquement «l’urgence climatique mais n’en ont pas tiré les conséquences qui s’imposaient». France Nature environnement a en outre ironisé sur Twitter : «Les amendements votés [...] ne tirent pas les conséquences de l'urgence climatique. Mais, nous avons un lot de consolation, cette urgence climatique est désormais notée dans la loi.»

Outre l'objectif de neutralité carbone qui doit notamment passer par une division par au moins six des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, le texte doit permettre de fermer les dernières centrales à charbon en 2022.

Il prévoit aussi le décalage de 10 ans, de 2025 à 2035, de la réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production électrique. Sauf que la production nucléaire permet à la France d'avoir une production électrique largement décarbonée, réduisant de fait les émissions de CO2. La start-up danoise Tomorrow révèle régulièrement que la France fait partie des bons élèves en émission de CO2 par kilowatt-heure, en comparaison de certains de ses voisins comme l'Allemagne ou la Pologne.

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