Référendum sur la privatisation d'ADP : interrogations sur un site web défaillant

Référendum sur la privatisation d'ADP : interrogations sur un site web défaillant© BENOIT TESSIER Source: Reuters
Image d'illustration de l'aéroport Roissy - Charles De Gaulle, concerné par le projet gouvernemental de privatisation.

La plateforme ouverte par le gouvernement pour recueillir les signatures contre la privatisation d'ADP a connu une série de bugs, corrigés rapidement selon l'Intérieur. Les premiers signataires s'offusquent de la difficulté à valider une signature.

Premiers couacs pour la plateforme officielle du Référendum d'initiative partagée (RIP) contre la privatisation des Aéroports de Paris (ADP). Le site internet du gouvernement, recueillant les signatures des citoyens soutenant le caractère public d'ADP, a été ouvert dans la nuit du 12 au 13 juin. Dès son ouverture, le site a ainsi connu plusieurs bugs, révélés par les internautes : problèmes de serveurs, signature non validée, «erreur 404», etc. Le député socialiste Boris Vallaud, opposé à la privatisation a raillé le gouvernement en reprenant le vocable macronien : «On ne peut pas dire que la start up nation aide beaucoup à la réussite de cette initiative démocratique», a-t-il déclaré sur Twitter.

L'eurodéputé de la France insoumise (LFI) Manuel Bompard a vu dans les difficultés d'apposer sa signature, une volonté gouvernementale pour faire échouer le RIP : «Honte au ministre de l'intérieur Christophe Castaner qui n'est pas capable de proposer un outil fonctionnel pour le référendum d'initiative partagé. Ou est-ce une volonté délibérée de rendre plus complexe la collecte des signatures ?»

Même son de cloche pour le Secrétaire général du Parti communiste Fabien Roussel qui a cru déceler des mauvaises intentions chez Christophe Castaner. La plateforme gouvernemental n'aurait pu vérifier l'identité du député communiste et ajouter de fait sa signature au RIP.

Les erreurs sont-elles dues à un site trop rapidement saturé ? Le député gaulliste Les Républicains Julien Aubert a interpellé le ministre de l'Intérieur : «Auriez vous sous-estimé le nombre de Français favorable à une telle pétition ? Il faut corriger ceci rapidement pour ne pas enlever au peuple ce que le droit lui a donné !»

Le conseiller socialiste d'Ile-de-France Maxime Des Gayets a fait la liste de quelques soucis qu'il a lui-même rencontrés : «Bugs en série, captcha aussi long qu’un clavier, mauvais codes postaux.... Bien des obstacles pour arriver à signer référendum ADP sur le site du ministère de l’intérieur. Des explications (et des corrections) méritent d’être demandées.»

Le co-fondateur de Mediapart Laurent Mauduit a déploré qu'il lui ait fallu 30 minutes pour voir sa démarche fonctionner : «J'ai bien sûr voté au référendum ADP, mais quelle galère ce site internet : entre panne et bug, il m'a fallu 30 bonnes minutes pour y parvenir. »

D'aucuns ont déploré de ne pas être référencés sur les listes électorales, selon le site, les empêchant ainsi de signer la pétition. Or, ils affirment pourtant avoir voté pour les élections européennes en 2019...

Le ministère de l'Intérieur, qui est en charge la mise en œuvre de la procédure, a reconnu, par la voix de son secrétaire général adjoint Alain Espinasse, un «problème de paramétrage» sur un des serveurs hébergeant le site , mais qui aurait «été résolu à 9 heures» le 13 janvier.

Sauf que, dans l'après-midi, le député LFI François Ruffin a relayé des bugs persistants : «Depuis ce matin on a reçu 253 messages: "Error 404", "Page Not Found", "Code Insee et non postal", "communes absentes", "Forbidden", "You don't have permission to access", "impossibilité de valider". Sur le site du gouvernement, tout foire...»

La période du recueil des 4,7 millions de signatures nécessaires à l'organisation d'un référendum d'initiative partagée sur l'avenir d'Aéroports de Paris s'est ouverte à minuit le 13 juin, pour une durée de 9 mois. A l'issue du délai, le Conseil constitutionnel vérifiera si la proposition de loi a obtenu le nombre de soutiens nécessaires.

Lire aussi : Panique ? Philippe veut tout faire pour restreindre au maximum le référendum d'initiative partagée

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