Fabien Di Filippo : «Les Républicains n'ont jamais été eurobéats !» (ENTRETIEN)

Figure montante au sein des Républicains, le député Fabien Di Filippo analyse pour RT France la stratégie du parti pour les européennes. Si Les Républicains ont pu être auparavant en faveur de l'élargissement, il veulent désormais réformer Schengen.

Le défi migratoire est la priorité dans le programme des Républicains (LR) pour les élections européennes du 26 mars. Interrogé par RT France, le député de la Moselle et secrétaire général adjoint des Républicains, Fabien Di Filippo, reconnaît d'ailleurs que le parti «peut avoir des points communs sur l'immigration» avec le Rassemblement national (RN). Un récent sondage dévoile en outre que de plus en plus de sympathisants LR sont favorables à une alliance avec le RN. «On voit bien que sur l'Europe, la nécessité de plafonner les aides sociales, sur le développement économique, on a encore tout un tas de champs qui nous distingue très clairement», nuance toutefois Fabien Di Filippo.

Représentant la nouvelle génération LR, il considère par ailleurs la lutte entre le RN et La République en marche (LREM), comme un «face-à-face artificiel» entre les europhobes et les eurobéats. Une lutte qui serait, selon lui, montée par les médias et ne correspondrait pas aux aspirations des Français. «Il y a une place pour la droite républicaine» entre LREM et le RN, assure-t-il.

Souhaitant réorienter l'Europe «à droite», il plaide ainsi pour stopper l'élargissement de l'Union européenne. «L'Europe, aujourd'hui est trop hétérogène d'un point de vue économique et sociale. Déjà réussir à intégrer 27 pays, ce sera un défi demain très important», justifie Fabien Di Filippo.

RT France : Considérez-vous cette élection européenne comme cardinale pour Les Républicains ?

Fabien Di Filippo (F. D. F.) : Toutes les élections sont importantes. Là, il s'agit de la première élection au suffrage universel direct depuis les législatives et la présidentielle de 2017. On y attache donc de l'importance. On va faire de notre mieux. Et, surtout, il faut comprendre une chose et c'est important que nos compatriotes l'entendent bien : les enjeux européens en matière migratoire avec la surveillance de la Méditerranée en matière de protection de nos marchés, en matière de protection de notre identité, c'est quelque chose de vraiment fondamental. Donc il est important que l'on ait un maximum de députés européens LR pour porter justement ces idées. Celles-ci ne sont pas la sortie de l'euro, ni la sortie de l'Union européenne mais un repositionnement complet des priorités de l'UE en faveur des protections des frontières, des marchés et de notre civilisation européenne.

RT France : Lors des précédentes élections européennes, il y a cinq ans, Alain Lamassoure et des fédéralistes étaient présents au sein des listes de l'UMP. Aujourd'hui, avec François-Xavier Bellamy en tête de liste des LR, y a-t-il un changement de cap clair ? Fini, Les Républicains eurobéats ?

F. D. F. : On n'a jamais été eurobéats ! Jamais. Avant, on avait des listes régionales avec des personnes, nous concernant, ancrées dans les territoires. C'était très important. Aujourd'hui, c'est une liste nationale. On a toujours eu diverses sensibilités au sein de la droite et on avait parfois certaines alliances avec les centristes. On ne peut pas nous qualifier de fédéralistes, ni d'eurobéats. Je ne le pense pas. Cette nouvelle droite autour de Laurent Wauquiez, et cette nouvelle génération que j'incarne, a bien compris une chose : l'Europe des pères fondateurs a été faite, à l'époque, dans le but de la prospérité, de la paix, de la construction d'un marché commun. Aujourd'hui, elle ne répond plus du tout aux enjeux du monde actuel : le défi migratoire, la protection de nos marchés... Si on ne réoriente pas l'Union européenne vers ces priorités-là, en ayant conscience qu'elle doit se réformer profondément pour pouvoir être pérennisée... Dans ce cas, ce sera la montée des populistes, des gens comme le Rassemblement national. Marine Le Pen ne souhaite qu'une seule chose avec ses alliés, même s'ils ont édulcoré leurs discours : déconstruire l'Union européenne.

Bastien Gouly

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