Gilets jaunes : Pénicaud demande aux entreprises un effort sur les salaires, refus net du Medef

Gilets jaunes : Pénicaud demande aux entreprises un effort sur les salaires, refus net du Medef© Ludovic MARIN Source: AFP
La ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Pour répondre à la crise, le ministre du Travail s'est tournée vers les entreprises, leur demandant de faire un geste sur les salaires. Une requête catégoriquement rejetée par le Medef, qui refuse d'être le «bouc émissaire d'une révolte fiscale».

A l'approche de l'acte 4 de la mobilisation des Gilets jaunes, très redouté par le gouvernement, le ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a essayé de trouvé un soutien auprès des entreprises, leur demandant de faire leur part face à l'«urgence sociale absolue».

«Il faut y aller, tout le monde peut faire quelque chose, donc tout le monde doit faire quelque chose dans cette dynamique. [...]. Il faut partager un peu la valeur», a-t-elle appelé de ses vœux le 7 décembre sur BFM Business, estimant que le gouvernement apportait déjà sa contribution avec la loi Pacte, qui va selon elle permettre d'augmenter l'intéressement et la participation, et la loi Avenir professionnel qui vise à augmenter les salaires des femmes.

«Que les grandes entreprises montrent l'exemple, et il y en a beaucoup qui sont prêtes à le faire, qui le disent. Et il y a des branches qui ont fait l'accompagnement des salaires ces dernières années, d'autres moins. Je sais qu'elles sont prêtes à le faire, il faut le faire», a-t-elle encore martelé.

Elle a toutefois tenu à rassurer le patronat, expliquant que sa requête n'avait rien de contraignant, le gouvernement n'ayant pas l'intention de légiférer sur la question : «On ne va pas imposer par la loi une augmentation générale des salaires, ça n'a pas de sens, on détruirait de la compétitivité et de l'emploi.»

Le Medef refuse que les entreprises deviennent le «bouc émissaire d'une révolte fiscale»

Mais le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux n'a que très peu goûté les propos du ministre, refusant que de voir les entreprises stigmatisées par le gouvernement dans cette crise. «Je ne voudrais pas que cette révolte fiscale se transforme en mettant en accusation des entreprises qui font leur travail. On pointe du doigt les entreprises alors que c'est un problème d'impôt», a-t-il regretté au micro de France Inter. 

«On est en train de faire des entreprises le bouc émissaire de cette révolte fiscale», a-t-il poursuivi, plaidant pour une baisse des dépenses publiques, afin de pouvoir baisser les impôts «de tous les Français». «Si on se tourne vers les entreprises pour augmenter les impôts, malheureusement le chômage va repartir à la hausse», a-t-il en outre fait valoir.

Geoffroy Roux de Bézieux a en revanche qualifié de «bonne idée» la mise en place d'une prime exceptionnelle de fin d'année défiscalisée à laquelle le gouvernement s'est dit favorable, précisant que dans les secteurs «où ça va bien on pourra faire un geste».

Le sujet, au même titre que la prime transport évoquée par le gouvernement, devrait être abordé ce 7 décembre à l'occasion d'une réunion entre la ministre du Travail et les organisations syndicales et patronales. Une réunion à laquelle ne participera pas la CGT, qui a expliqué son absence par un refus de se laisser «récupérer» par le gouvernement.

Lire aussi : La France championne des prélèvements fiscaux au sein de l’OCDE

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter