Airbnb fait de l'ombre aux palaces parisiens

L'industrie hôtelière parisienne souffre de la concurrence de Airbnb© Stephane Mahe Source: Reuters
L'industrie hôtelière parisienne souffre de la concurrence de Airbnb

Les hôtels de luxe parisiens font grise mine. Déjà touchés par la désaffection de certains touristes, ils se voient menacés par la concurrence de la plate-forme de location entre particuliers Airbnb. Une niche de location de luxe y prospère en effet.

Pour Paris intra-muros, la plate-forme en ligne propose plus de 1000 offres de location qui vont de la modique somme de 9 euros à plus de 1000 euros la nuitée. 

Dans cette fourchette large, plus de 324 locations à 500 euros et 58 à plus de 1000 euros, soit peu ou prou la fourchette des tarifs proposés par les hôtels de standing à Paris.

Sur le site, on trouve par exemple une «Big House with Garden» à Montmartre pour 1000 euros la nuit, une penthouse à Saint-Germain-des-Prés pour 3400 euros, ou encore une location sobrement nommée «la Maison» à tout de même 8950 euros la nuit.

L'offre de location s'accompagne parfois des services de chauffeurs, cuisiniers ou femmes de chambre, autant de prestations équivalentes à celles offertes par les grands hôtels de luxe. Ces appartements sont pour la plupart idéalement situés à proximité des lieux touristiques et boutiques de luxe.

Une des nombreuses locations de luxe du site (Capture)
Une des nombreuses locations de luxe du site (Capture)

De quoi inquiéter sérieusement les établissements hôtelier de luxe qui exigent une action des autorités pour contrer ce qu'ils estiment être une concurrence déloyale. La plateforme bénéficie, selon eux, d'un traitement fiscal et réglementaire avantageux qui créé de fait, une distorsion dans la concurrence.

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Selon Reuters, déjà l'hôtel le Bristol a vu son chiffre d'affaires reculer de 20% au premier semestre. Le Four Seasons George V estime que son établissement pourrait perdre jusqu'à environ 10% de ses clients. L'inquiétude monte d'autant que le modèle Airbnb fait des petits et que d'autres plate-formes se créent, clairement dédiées à des locations de luxe. Ainsi Collectionist propose des appartements de prestige appartenant à des particuliers.

La fédération hôtelière française (UMIH) a dés lors décidé de présenter à la rentrée au gouvernement ses propositions afin que les règles soient plus équilibrées.

A Paris, première destination touristique mondiale, on ne badine pas avec le secteur de l'hôtellerie. Les autorités commencent donc à se mobiliser contre le phénomène.

Car si en France, un propriétaire peut louer son domicile principal de façon légale, il doit en revanche déclarer son activité et s’acquitter de la taxe de séjour. A Paris, il doit également proposer en location traditionnelle le double de la surface proposée aux touristes. 

La Mairie de Paris a créé une brigade d'une vingtaine de fonctionnaires dédiée spécifiquement aux contrôles des locations de meublés aux touristes. Après avoir repéré les dites locations, la brigade dresse un constat et monte un dossier administratif. Avec 66 320 locations sur les trois mois de l’été 2014, c’est le quartier du Marais, situé dans les IIIème et IVème arrondissements, qui est le plus demandé sur le site.

Quoi qu'il en soit, le succès de Airbnb se fait grandissant à Paris. La ville a même été distinguée comme la «Capitale mondiale de la location entre particuliers» par Brian Chesky, PDG de la start-up californienne. Selon les services de la mairie de Paris, 1,8 millions de personnes y sont venus par le truchement d'Airbnb depuis la création du service en 2008.

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