Un ex-gendarme au poste de proviseur adjoint ? Les professeurs du lycée de Stains protestent

- Avec AFP

Un ex-gendarme au poste de proviseur adjoint ? Les professeurs du lycée de Stains protestent© Joël Saget Source: AFP
Lycée Maurice Utrillo à Stains en 2004.

Professeurs et personnels du lycée Utrillo à Stains, accablé par la violence de bandes extérieures à l'établissement en début d'année, se sont mobilisés le 5 novembre contre le recrutement d'un ancien gendarme pour épauler le proviseur.

La moitié des enseignants et personnels du lycée Maurice-Utrillo à Stains (Seine-Saint-Denis) a fait grève le 5 novembre pour protester contre l'arrivée d'un ancien gendarme au poste de proviseur-adjoint chargé des questions de sécurité. 

La violence dans l'établissement était devenue quotidienne et extrême, à tel point que les professeurs avaient occupé le bureau du proviseur en avril dernier, effrayés par les violences commises début 2018 par des bandes rivales du quartier sur certains de leurs élèves. Le ministère de l'Education nationale avait décidé la création de ce poste pour répondre à ces troubles. Mais les professeurs n'imaginaient pas pour autant qu'un gendarme allait rejoindre leurs équipes. 

«Police partout, Etat nulle part», ont scandé les professeurs furieux.

La moitié des professeurs ulcérés par l'embauche d'un ancien gendarme

Opposée à cette nomination, «la moitié du personnel éducatif de l'établissement a fait grève aujourd'hui», a expliqué le rectorat de Créteil. 

«Nous, membres de la communauté éducative, considérons qu’un personnel recruté pour ses compétences sécuritaires [...] n’a pas sa place dans un milieu scolaire», ont expliqué les enseignants grévistes dans un communiqué. Ils réclament «que les moyens qui ont été alloués à la création de ce poste soient utilisés pour recruter des personnels éducatifs et sociaux», et notamment un médiateur. 

Un personnel recruté pour ses compétences sécuritaires [...] n’a pas sa place dans un milieu scolaire

Le maire de Stains, Azzedine Taibi, s'est également élevé contre cette décision. «Je trouve ça assez surprenant de demander à un ancien gendarme de faire le job de l'Education nationale dans un lycée», a-t-il déclaré au chroniqueur Taha Bouafs.

«On ne comprend pas pourquoi l'expérience professionnelle de ce Monsieur peut nous aider à l'intérieur de l'établissement, alors que les violences ont lieu à l’extérieur et que l'on manque de policiers dans le département», a dénoncé Raphaël Bremondy, professeur d'histoire-géographie dans le lycée et affilié au syndicat SUD Education.

Pour le rectorat, l'ancien gendarme pourra dialoguer avec tous les acteurs

«La violence a lieu en dehors du lycée mais a un impact à l'intérieur, pour lutter contre ça il faut des solutions partenariales», argue le rectorat. «Ce parcours d'ancien gendarme lui permet d'être un interlocuteur pertinent pour dialoguer des questions de sécurité avec les autres acteurs du territoire, comme la police ou la justice», a-t-il ajouté. Ce nouveau proviseur-adjoint aura également compétence sur d'autres établissements du département. 

Une réunion d'information pour préciser les missions qui lui seront confiées a été organisée le 5 novembre entre l'inspecteur académique de la Seine-Saint-Denis et des représentants du personnel éducatif, des parents d'élèves et des lycéens. Des éclaircissements qui n'ont pas convaincu les enseignants grévistes qui ont voté la reconduction de leur mouvement le 6 novembre.

Cette nomination, décidée en juin 2018, intervient alors que le gouvernement a dévoilé fin octobre certaines mesures de son plan d'action contre les violences à l'école, affirmant ne pas exclure de faire entrer les forces de l'ordre au sein des établissements scolaires lors de «moments de tension». 

Les violences survenues en début d'année au lycée seraient le fait de règlements de compte entre bandes rivales. Le 12 mars, un lycéen avait été agressé à coups de marteau sur le parvis de l'établissement. Des surveillants ont assuré avoir vu des machettes dans les armes utilisées par les agresseurs.

Lire aussi : #PasDeVague : intimé de se taire, le monde enseignant libère sa parole après Créteil

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter