Enquête sur Lafarge en Syrie : l'ex-chef de la diplomatie Laurent Fabius entendu comme témoin

Enquête sur Lafarge en Syrie : l'ex-chef de la diplomatie Laurent Fabius entendu comme témoin© Pool New
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L'ancien ministre des Affaires étrangères a été entendu comme témoin dans l'enquête sur les soupçons de financement de groupes terroristes, dont Daesh, en Syrie, qui visent le groupe Lafarge. Il assure ne pas avoir été au courant de ces activités.

Entendu le 20 juillet comme témoin dans l'enquête sur les soupçons de financement du terrorisme qui visent le cimentier Lafarge en Syrie, Laurent Fabius a assuré ne pas avoir été informé des activités de l'entreprise. C'est ce 30 juillet que le journal Le Monde révèle l'information, confirmée par l'AFP.

Le ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2016, et actuel président du Conseil constitutionnel a affirmé qu'«aucun élément d'information» ne lui était parvenu concernant le maintien en Syrie de l'entreprise au prix de présumés arrangements financiers avec des groupes armés dont l'organisation terroriste Daesh.

«Si la question est de déterminer si je savais ou non qu'il y avait une usine Lafarge en Syrie, je n'ai pas de souvenir précis», a déclaré l’ex-chef de la diplomatie française lors de cette audition. Avant de marteler : «Je n'ai jamais été saisi d'une question concernant Lafarge, je suis catégorique.»

Et l'AFP de dresse le tableau du contexte : «A l'été 2013, alors que la diplomatie française s'active avec l'administration du président américain Obama pour faire tomber Bachar al-Assad, Lafarge est alors la seule entreprise française encore présente en Syrie.»

L'ex-directeur de la sûreté de l'entreprise, Jean-Claude Veillard, a pour sa part affirmé aux juges avoir transmis sans «aucun tri» au renseignement français les informations concernant la situation sécuritaire dans la région.

Laurent Fabius, lui, assure qu'aucune information de ce type n'est remontée jusqu'à lui. «Je ne vois pas comment le ministère qui était totalement engagé contre le terrorisme aurait pu de près ou de loin soutenir ou encourager le financement du terrorisme», a plaidé lors de l'audition celui qui affirmait en août 2012 que «monsieur Bachar el-Assad ne mériterait pas d'être sur la Terre».

Lafarge accusée de vouloir saboter des preuves

Depuis la plainte déposée par Bercy fin 2016, dans le cadre de l'interdiction d'acheter du pétrole en Syrie, l’entreprise Lafarge a été accusée de vouloir saboter des preuves exploitables dans le cadre de l'enquête. Ainsi, le 12 décembre 2017, l'association Sherpa, qui avait également déposé plainte contre le groupe, affirmait que «des ordinateurs [avaie]nt été passés à l'eau de javel pour empêcher la justice de travailler».

«Est-ce à dire qu'en France, un ministre des Affaires étrangères est volontairement tenu dans l'ignorance de questions aussi cruciales que le maintien d'une entreprise française dans un pays en guerre et en proie au terrorisme qui n'aura d'autre choix que de financer Daesh pour maintenir son activité ?», a réagi auprès de l'AFP l'avocate de l'ONG, Marie Dosé.

Lafarge est soupçonée d'avoir versé entre 2011 et 2015 plus de 12 millions d'euros à des groupes armés en Syrie, dont Daesh, afin de continuer à faire tourner sa cimenterie de Jalabiya dans le nord du pays malgré la guerre.

Lire aussi : Financement du terrorisme : Lafarge mis en examen pour «complicité de crimes contre l'humanité»

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