«Arrangeur», «sacré loustic» : qui est Marc Francelet qui a permis au Monde d'interviewer Benalla ?

«Arrangeur», «sacré loustic» : qui est Marc Francelet qui a permis au Monde d'interviewer Benalla ? © MIGUEL MEDINA Source: AFP
Marc Francelet au palais de justice de Paris le 15 octobre 2012, jour de l'ouverture de son procès pour escroquerie, falsification et abus de confiance.

Alexandre Benalla est sorti ce 26 juillet de son silence dans le journal Le Monde. Une interview rendue possible par l’entremise de Marc Francelet, un homme passé plusieurs fois par la case prison.

Plus d’une semaine après le début d’une affaire à laquelle il a donné son nom, Alexandre Benalla a décidé de livrer sa version des faits dans Le Monde. Une exclusivité accordée au quotidien vespéral grâce aux bons offices de Marc Francelet. «Sacré loustic», «arrangeur» ou encore «Marc le Magnifique» : les qualificatifs utilisés par les médias français pour le désigner ne manquent guère. Et pour cause, son parcours polymorphe est à l’image de sa personnalité aux multiples facettes.

Une paparazzade de «l’idole des jeunes» à l’origine d’une carrière fulgurante

En 2012, Le Monde lui consacrait un portrait très détaillé. Né à Paris en 1947 d’une mère coiffeuse et d’un père architecte, Marc Francelet se lance dès l’âge de 15 ans dans le photoreportage. Habile, le jeune homme réussit très vite à prendre de court les routiers de la profession en réalisant l’exploit de photographier Johnny Halliday alors en train de passer son conseil de révision au début des années 1960. 

Au cours des années 1970, le paparazzi auréolé de ses succès côtoie de nombreuses personnalités du monde artistique parmi les plus en vues, telles que le chanteur Johnny Halliday, indirectement à l’origine de son début de carrière, mais aussi l’acteur Jean-Paul Belmondo dont il devient chargé de relations publiques. Sur son chemin, il rencontre également l’écrivain Françoise Sagan. Volubile, il élargit encore et toujours son carnet d’adresses, ce qui lui vaut le surnom de «Marco les bons tuyaux». 

Après la parenthèse enchantée place aux ennuis judiciaires

Après un début de parcours rêvé, Marc Francelet connaît une période beaucoup moins glorieuse. Au cours des années 70-80, il vit ses premiers démêlés avec la justice. En 1973, il vend au marchand au marchand d’art Paul Pétridès des toiles de maître volées. Son action lui vaut une peine d’un an et demi de prison. Treize ans plus tard, il se retrouve de nouveau à la barre. Soupçonné d’entretenir des liens avec des membres du groupe terroriste Action directe, il est condamné à 18 mois de prison alors qu'il dirige la rédaction de VSD

Ses ennuis judiciaires se poursuivent dans les années 2000. Aux côtés de Loïk Le Floch-Prigent, ancien patron de la compagnie ELF, il est mis en examen par le juge Courroye en 2007 dans le cadre de l’affaire pétrole contre nourriture. Il est finalement relaxé en 2013. Une semaine plus tôt, il écope en revanche d’une peine de deux ans de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende pour escroquerie aux assurances chômages et recel d’abus de biens sociaux entre 2001 et 2004.

Marc Francelet continue toutefois pendant cette tempétueuse décennie ses collaborations parfois insolites. Il est successivement attaché de presse de Zahia, cette call-girl dont les services avaient été requis par des joueurs de l'équipe de France dans un hôtel à Munich en 2009, directeur de collection au sein de la maison d'édition française Michel Lafon ou encore rabatteur de clients fortunés pour la célèbre enseigne de l'horlogerie suisse de luxe Breitling... jusqu'à réussir à décrocher une interview d'Alexandre Benalla pour le journal Le Monde, en juillet 2018. 

Lire aussi : Le préfet de police dénonce un «copinage malsain» et affirme que Benalla était «connu» des autorités

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