Ces ex-marcheurs dégoûtés par La République en marche

Ces ex-marcheurs dégoûtés par La République en marche© Emmanuel Foudrot Source: Reuters
Les militants marcheurs avaient désigné Christophe Castaner à la tête du parti en novembre 2017

Le député François Ruffin a retrouvé deux ex-adhérents LREM qui ont quitté le mouvement, déçus par l'action d'Emmanuel Macron. Bien loin de leurs espérances, ils estiment que les militants LREM sont méprisés et ne servent qu'à «coller des affiches».

Ils étaient motivés et plein d'espoirs. Ils sont désormais résignés. Un an après l'élection d'Emmanuel Macron, ces deux anciens militants – une femme et un homme – de La République en marche (LREM), qui ne se font connaître qu'à travers leur prénom et leur visage, prennent désormais la parole aux côtés du député de La France insoumise (LFI) François Ruffin dans une vidéo où il témoignent de leur dégoût pour le mouvement présidentiel, créé par Emmanuel Macron en avril 2016.

La militante explique ce qu'il a séduite dans LREM : «On s'est retrouvé à un moment dans les valeurs défendues par Emmanuel Macron et le parti qu'il avait fondé pendant la campagne. Les valeurs étaient simples : ouverture à la société civile, la transparence, en disant à tout un chacun que son avis serait pris en compte, participer à l'élaboration des politiques publiques [...] C'est comme cela qu'il a réussi à fédérer autour de lui, c'était son coup de force.»

Elle croyait que les militants seraient «considérés», que LREM allait jouer la carte de «la concertation citoyenne», en rupture avec ce qu'elle estimait être le principal travers des autres partis politiques. Sauf qu'elle juge désormais qu'il n'en était rien et que le parti auquel elle a adhéré n'est en réalité qu'un «simulacre de démocratie».

Son acolyte estime, quant à lui, que sa désaffection de LREM a commencé avec le dépôt des statuts du parti : «Un simulacre de démocratie», estime-t-il également. «On nous a fait croire qu'on pouvait prendre une part active dans l'écriture de ces statuts», renchérit-il, déplorant qu'ils aient en réalité été «pré-écrits». «On nous a fait travailler bêtement», regrette-t-il.

L'ancienne sympathisante considère que la suppression de l'ISF «pour faire des cadeaux aux riches» a été l'un des éléments déclencheurs de son départ du parti. Revenant sur la campagne présidentielle et sur celle des élections législatives, l'ex-adhérente de LREM explique que les militants, qui ont «donné de leur temps, de l'énergie, de leur argent en se mettant en congés prolongés pour soutenir Emmanuel Macron», n'ont pas été récompensés par de la considération. «C'était mépris, silence et détestation» pour la base militante, argumente-t-elle.

La République en marche, une start-up ressemblant au Parti communiste des années 1930

Les deux anciens partisans LREM ont été aussi outrés par le processus électoral mis en place au sein du parti et qui a fini par mettre à sa tête Christophe Castaner en novembre 2017. Une élection qui était, d'après eux, «verrouillée» par trois personnes «qui dirigent le parti, l'Etat, la France», à savoir Richard Ferrand, Christophe Castaner et Emmanuel Macron. Les deux déçus du macronisme ont eu l'impression d'être juste bons à «coller des affiches».

Concernant la verticalité des prises de décision au sein de LREM, l'ancien macronien qualifie ce parti de structure ressemblant au «Parti communiste des années 1930. Il y a un chef et tout découle : le ruissellement».

Elle, pour sa part, ajoute que les dirigeants marcheurs «maltraitent les militants et considèrent les électeurs comme des consommateurs et les circonscriptions comme des parts de marché négociables». Selon eux, la start-up LREM semble avoir une structure pyramidale qui ne permet à personne de pouvoir espérer quoi que ce soit pour la base militante : ni une perspective d'ascension dans le parti, ni la rédaction d'un rapport, ni un porte-feuille ministériel. «Il faut qu'ils arrêtent de croire !», s'exclame-t-elle. «Des gens pensent encore que leur avis va être pris en compte [...] il faut dénoncer [...] le programme est déjà écrit», s'insurge-t-elle.

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