Plainte de Greenpeace contre la députée LREM qui voulait tirer en cas d'intrusion dans une centrale

- Avec AFP

Plainte de Greenpeace contre la députée LREM qui voulait tirer en cas d'intrusion dans une centrale© © PHILIPPE DESMAZES Source: AFP
Site nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) où des militants de Greenpeace se sont introduits en novembre 2017.

L'ONG écologiste a porté plainte contre une élue de la majorité présidentielle qui avait déclaré, fin mars, que les forces de sécurité devaient «tirer» lorsque des intrus pénétraient dans une centrale nucléaire.

Greenpeace a porté plainte contre la députée La République en marche (LREM) Perrine Goulet. Elle avait suggéré de «tirer» sur les auteurs d'intrusions dans une centrale nucléaire, comme celles auxquelles se livrent les militants de l'ONG. Cette plainte pour «provocation à un crime ou un délit» a été déposée le 25 avril au Tribunal de grande instance de Paris, selon le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, confirmant pour l'AFP une information du Monde. Selon lui, ces propos «relèvent de l'incitation au meurtre».

«Pourquoi nous ne ferions pas un peu comme aux Etats-Unis ? Avec une sécurisation par mirador et possibilité effectivement de ne pas se poser de questions et quand il y a une intrusion, de tirer», s'était interrogée le 22 mars Perrine Goulet, membre de la commission d'enquête parlementaire sur la sûreté nucléaire, lors d'une audition du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. «Je pense [qu'] à un moment il va falloir ne plus distinguer puisque c'est un délit de rentrer sur une centrale nucléaire [...] Il y a des forces de sécurité, elles doivent intervenir et ne pas se poser de questions, peut-être que ça dissuadera», avait ajouté la députée de la Nièvre.

«C'est la première fois que des propos comme ça sont tenus sur des militants de Greenpeace. Ils sont extrêmement dangereux», a estimé Jean-François Julliard. «Greenpeace n'est que le messager : le problème n'est pas l'intrusion de ses militants mais bien la vulnérabilité des centrales nucléaires», a-t-il jugé.

Réagissant au dépôt de plainte, l'avocat de la députée Perrine Goulet a accusé Greenpeace de «caricature abusive». «Greenpeace tente d’orchestrer une opération de communication en instrumentalisant l'annonce d'une plainte», a également déclaré l'avocat Jean-Philippe Morel, conseil de l'élue. «Un député a le droit de s'exprimer librement dans le cadre de l’exercice de son mandat [et] l'immunité parlementaire lui permet justement d'exercer son mandat sans pression d'aucune sorte», a-t-il ajouté.

La députée conteste avoir appelé à tuer des militants de Greenpeace

«En aucun cas je n'ai dit qu'il fallait tuer les militants de Greenpeace», avait assuré Perrine Goulet le 23 mars sur France 3 Bourgogne. «Le mot "tirer" pour moi n'était pas tirer pour tuer mais tirer dans les jambes, par exemple, comme ça se fait aux Etats-Unis», avait-elle expliqué.

La plainte, déposée par l'avocate de Greenpeace France, Marie Dosé, vise un délit de presse, et va entraîner la désignation d'un juge d'instruction. Selon l'avocate, si les propos tenus devant la commission d'enquête, «sont susceptibles de bénéficier de l'immunité parlementaire», les déclarations par voie de presse de Perrine Goulet, peuvent, elles, être pénalement poursuivies. 

L'avocate a en outre adressé un courrier le 9 avril au président de l'Assemblée nationale François de Rugy «pour lui demander de mettre en oeuvre son pouvoir de sanction disciplinaire».

Selon la biographie en ligne sur son site, Perrine Goulet a été recrutée en 1999 par EDF-GDF et travaillait jusqu'à son élection au Centre nucléaire de production de Belleville-sur-Loire (Cher). Elle est également membre du conseil d'administration de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Huit militants de Greenpeace ont été condamnés fin février à des peines de prison avec sursis ou à de la prison ferme pour s'être introduits sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) en octobre 2017.  Ses militants se sont également introduits sur le site nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en novembre. Leur procès aura lieu le 17 mai à Privas, selon l'ONG, qui appelle à manifester ce jour-là devant le tribunal de cette commune.

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