Quand Nanterre accueillait une conférence contre «l'impérialisme gay» de la «gauche blanche»

Quand Nanterre accueillait une conférence contre «l'impérialisme gay» de la «gauche blanche» Source: AFP
Des étudiants passent devant une inscription «ni Dieu ni maître» à la faculté de Nanterre, le 18 avril

Lorsque la faculté de Nanterre était bloquée, des militants proches du Parti des indigènes de la République y ont donné une conférence pour dénoncer les travers de «la gauche blanche», notamment son instrumentalisation de la sexualité.

Profitant du mouvement de blocage des facs, des activistes proches du Parti des indigènes de la République (PIR) ont donné des conférences à Tolbiac et à Nanterre pour défendre leur idéologie.

Retranscrite dans son intégralité sur un blog, l'intervention des militants à Nanterre le 23 avril intitulée «Les mouvements sociaux et la question de la race : les angles morts de l’extrême-gauche blanche» révèle leur racialisme assumé et la distinction claire qu'ils font entre «la gauche blanche et le camp politique indigène».

Selon eux, cette séparation renvoie à une «fracture raciale» qui scinde la société, «entre d’un côté la blanchité et de l’autre le statut de l’indigénat». Ainsi, la «gauche blanche», qui s'étendrait de la France insoumise aux communistes et anarchistes, ne se préoccuperait pas des intérêts des non-blancs, à la différence du camp politique indigène.

«Il faudrait, c’est mon appel, que les militants de l’antiracisme politique s’incrustent et prennent le contrôle des Blancs, les guident, leur fassent un peu lâcher le gouvernail, leur retirent la mainmise sur la contestation», recommande en conséquence l'un des militants.

Pour un membre du Collectif décolonial lyonnais qui s'exprimait à Nanterre, l'un des problèmes majeurs de la gauche aujourd'hui réside dans le fait qu'elle instrumentalise la sexualité, «contre nos familles et contre nos quartiers». L'Occident utiliserait notamment la promotion de l’homosexualité comme identité politique, ce qui s'apparente, pour le militant, à de l'«impérialisme gay». Or selon lui, les «non-blancs» ne se retrouveraient absolument pas dans ces valeurs progressistes défendues par la «gauche blanche».

«La gauche blanche "pro-LGBT" enjoint aux non-Blancs de s’identifier comme homosexuels, de choisir entre le placard ou le coming-out, de choisir entre la honte ou la fierté homosexuelle», déplore-t-il ainsi, notant que cela se faisait au détriment d’autres identités, et «spécifiquement celle d’indigène».

Venus avec l'objectif de rallier à leur cause les étudiants afin de «mettre à mal le conservatisme, l’état actuel de la société», les militants ont cependant déploré les accusations à leur encontre en provenance des antifas et «des extrêmes de l’extrême gauche».

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