Face à l'arrivée d'activistes portant «d'autres luttes», la direction d'Act Up Paris démissionne

- Avec AFP

Face à l'arrivée d'activistes portant «d'autres luttes», la direction d'Act Up Paris démissionne© BERTRAND GUAY / AFP
Des membres de l'association Act Up-Paris et du Syndicat national des entreprises gaies (SNEG) manifestent, le 10 juillet 2009 devant la salle Pleyel à Paris, pour protester contre l'absence depuis deux ans de campagne de prévention contre le sida ciblée envers les homosexuels (illustration)

L'équipe dirigeante d'Act Up Paris a quitté ses fonctions, déplorant l'arrivée récente dans l'association de lutte contre le sida d'une nouvelle génération de «militants déjà politisés et expérimentés», notamment, dans la lutte antiraciste.

Depuis le succès du film 120 battements par minute couronné aux Césars, l'association de lutte contre le sida Act Up Paris, en perte de vitesse et même un temps placée en redressement judiciaire en 2014, a vu «une vague de nouvelles arrivées». Parmi eux, «de jeunes militants déjà politisés et expérimentés dans d'autres luttes, notamment antiracistes», écrit l'équipe démissionnaire dans un communiqué.

«[Ceux-ci] détournent et exploitent l'outil d'Act Up, en se servant de son historique, pour mettre en avant d'autres luttes», affirment les deux anciens coprésidents, Rémy Hamai et Mikaël Zenouda, et l'ancien vice-président Xavier Coeur-Jolly, en déplorant que le travail d'expertise soit «relégué au dernier plan» au profit «du commentaire permanent de la critique spectacle».

«Ecœurés au point de démissionner» par les «insultes» et les «dépréciations gratuites», les anciens responsables ont été remplacés lors d'une assemblée générale extraordinaire le 31 mars par une nouvelle équipe élue, «dont deux personnes arrivées depuis trois semaines», ajoute leur communiqué, qui dénonce «toute forme d'entrisme politique» et de «violence revendiquée». Les deux nouveaux vice-présidents sont Fabrice Clouzeau et Marc-Antoine Bartoli.

La décision a provoqué des réactions contrastées sur les réseaux sociaux, où certains ont rappelé le mode d'action spectaculaire qui était la signature d'Act Up dans les années 1990 (préservatif géant sur l'obélisque de la Concorde à Paris, jets de faux sang ou de vraies cendres de militants...). «La lutte contre le sida a toujours été profondément politique. C'est aberrant, surtout venant d'Act Up», estime un internaute sur Twitter, tandis qu'un autre affirme : «Act Up Paris est une association de gauche», ce que le conseil d'administration sortant, «dépolitisé», ne «comprend pas».

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