«LaREM» plutôt que «LREM» : les élus macronistes demandent aux journalistes de changer d'orthographe

«LaREM» plutôt que «LREM» : les élus macronistes demandent aux journalistes de changer d'orthographe© Martin BUREAU Source: AFP
Richard Ferrand, le président du groupe parlementaire LREM à l'Assemblée nationale

Dans un communiqué à l'adresse des médias, le groupe parlementaire de La République en marche intime les journalistes d'utiliser le diminutif LaREM et uniquement celui-ci. Une initiative qui a suscité critiques et moqueries au sein de la profession.

Il est des dossiers si importants qu'ils concentrent légitimement l'attention de la majorité présidentielle. Le 14 mars, le groupe parlementaire La République en marche (LREM) a publié un communiqué à l'attention des rédactions de France pour leur faire part d'un changement majeur. Pas dans son action politique, mais dans son appellation.

«Nous attirons votre attention sur le fait que le sigle officiel du groupe parlementaire La République en Marche à l'Assemblée nationale est désormais LaREM et non LREM, LRM ou REM», fait ainsi savoir le groupe parlementaire dans son communiqué.

Contacté par le Huffington Post sur ce sujet brûlant, le service de communication de LREM a expliqué qu'il s'agissait d'avoir «une unité dans la représentation du groupe».

Une consigne qui passe mal auprès de la profession 

Si la consigne semble être déjà bien passée dans certaines rédactions, à l'instar de celle de BFMTV, certains journalistes n'ont que très peu goûté de se voir ainsi aiguillés. Olivier Auguste, le rédacteur en chef adjoint de L'Opinion,a par exemple répondu par un tweet au ton offensif : «Pouvez-vous nous dire s'il faut écrire SMIC, Smic ou smic ? ONU ou Onu ? Outre-mer, Outre-Mer ou Outremer ?», a lancé le journaliste avant de conclure son message d'un «de quoi je me mêle».

«On écrit ton sigle comme on veut (et en respectant les règles d'écriture des sigles, nous). Cette liberté propre à chaque journal s'appelle d'ailleurs... la marche», fait de son côté remarquer Vivien Vergnaud, le chef d'édition du Journal du dimanche.

«Heureusement que le ridicule ne tue pas», note dans un message cinglant le journaliste de France Inter Frédéric Métézeau.

D'autres, à l'instar de Robin Prubent, journaliste à France Info, ont réagi avec humour, demandant au groupe parlementaire de résoudre une question qui divise la France depuis des lustres : «Et du coup, on doit dire pain au chocolat ou chocolatine ?»

Alors que le syndicat national des journalistes vient de faire part de son inquiétude concernant le projet de loi sur les fake news, estimant qu'il s'apparentait à une «forme de censure», pas sûr que cette injonction du groupe parlementaire ne soit du meilleur effet sur la profession.

Lire aussi : «Forme de censure» : le Syndicat national des journalistes inquiet de la loi «fake news» (REPORTAGE)

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