Calais : échec au premier jour de la distribution de nourriture par l'Etat aux migrants

Calais : échec au premier jour de la distribution de nourriture par l'Etat aux migrants© PHILIPPE HUGUEN Source: AFP
L'association Vie Active, mandatée par l'Etat, attend les bénéficiaires migrants sur l'un des deux sites de distribution, entouré de barbelés.

Depuis le mardi 6 mars, l'Etat prend en charge la distribution de nourriture aux migrants de Calais. La première journée de sa mise en place est un échec : seuls deux migrants s'y seraient présentés.

C'était une promesse d'Emmanuel Macron : les distributions de nourriture, auparavant effectuées par des associations, sont désormais prises en charge par l'Etat à Calais. Pourtant, l'initiative n'a visiblement pas trouvé son public. Alors que les bénévoles avaient l'habitude de servir environ 1 200 repas par jour, l'association Vie active, mandatée par l'Etat pour gérer la distribution, en avait préparé 350. Seuls deux migrants se sont présentés mardi 6 mars, selon les informations du quotidien 20 Minutes.

Plusieurs causes peuvent être trouvées à ce fiasco. Tout d'abord, il a été décidé par la préfecture du Pas-de-Calais d'installer les centres de distribution à environ quatre kilomètres de Calais. Une initiative soutenue par la maire Natacha Bouchart (LR) afin d'éviter que ne se récrée une «jungle» dans la ville. Revers de la médaille : les migrants ne seraient pas très enclins à parcourir cette distance en laissant leurs tentes et leurs affaires derrière eux.

C'est «la nouveauté, l’adaptation»

La peur des contrôles sur les sites de distribution a également pu décourager de nombreux migrants. Les points de distribution sont entourés de clôtures avec barbelés et certains migrants pourraient redouter une présence policière sur place.

Selon l'AFP, plusieurs migrants allaient et venaient ainsi le long des grillages sans entrer. Enfin, pour cette inauguration du dispositif, la presse était au rendez-vous. Une trentaine de journalistes avaient fait le déplacement, sans compter les moyens techniques annexes.

«Beaucoup ne veulent pas [venir], ont peur des caméras», a par exemple confié un migrant ghanéen se ravitaillant sur l'un des sites. Le sous-préfet de Calais, Michel Tournaire, a souhaité tempérer ce constat d'échec. Selon lui, c'est «la nouveauté, l’adaptation» qui est responsable de la faible affluence. «Il nous faudra un recul de plusieurs jours», a-t-il poursuivi.

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