«Nique ta maire» : à Rennes, un député LREM crée la polémique en relayant des photos de tags

«Nique ta maire» : à Rennes, un député LREM crée la polémique en relayant des photos de tags© Facebook Mustapha Laabid
Un des graffitis postés par le député LREM de Rennes Mustapha Laabid

Le député la République en marche de Rennes Mustapha Laabid a provoqué une vive polémique sur la toile après avoir posté sans explication des photos de tags hostiles à la police et à la mairie de Rennes. Chez les socialistes, c'est l'indignation.

Le député la République en marche (LREM) de Rennes, Mustapha Laabid, se trouve actuellement au cœur d'une polémique sur les réseaux sociaux après avoir posté des photos de divers graffitis, dont certains sont ouvertement anti-police et hostiles à la maire socialiste de Rennes, Nathalie Appéré. L'information a été relayée par le quotidien régional Ouest-France.

«Va niquer ta maire»

Si certains de ces tags restent classiquement neutres et plutôt poétiques («Il n'y a pas d'ailleurs où guérir d'ici» ; «Ne perds pas ta vie à la gagner»), d'autres s'en prennent directement à la Nation ou affichent un caractère raciste («Ici s'arrête la France» ; «Etrangers, ne nous laissez pas seuls avec les Français»), s'en prennent à la police («La police recule, la révolte se crée, la liberté avance») ou attaque la mairie de Rennes, à qui sont réservée les envolées lyriques les plus violentes [«Menteur de maire» et même «Va niquer ta maire»].

Rapidement, plusieurs responsables socialistes rennais ont fait part de leur indignation sur Twitter et Facebook, appelant Mustapha Laabid à s'expliquer sur ces tags ambigus. Pour le Premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste d'Ille-et-Vilaine Christophe Fouillère, les publications du député LREM sont «consternant[e]s» et posent question. 

Hubert Chardonnet, adjoint à la sécurité et nouveau président du groupe socialiste au conseil municipal, juge lui aussi la démarche de Mustapha Laabid «très limite». «C’est ambigu de sa part de publier ça comme ça, sans explication. Deux ou trois tags sont quand même des mises en cause très fortes», a-t-il expliqué, cité par Ouest-France.

«Je n’ai rien contre la police ni contre la maire»

Devant ce léger tollé, Mustapha Laabid a tenu à dénoncer une «fausse polémique», se défendant de toute hostilité envers la maire de Rennes ou encore la police, assurant qu'il avait posté ces clichés pour l'aspect graphique de certains messages. 

«Ce n’était pas le but de ce post. C’était plus sur les textes, je voulais mettre en avant l’interpellation que crée ces textes. Je n’ai rien contre la police ni contre la maire [...] c’est vraiment une fausse polémique de la part des socialistes rennais qui ont besoin d‘exister face à la République en marche. Tout ne tourne pas autour de la maire de Rennes», a-t-il déclaré au quotidien régional. 

Il assure par ailleurs que le message insultant envers la maire, a été photographié à Rouen et non à Rennes. Mais pour le conseiller municipal socialiste Cyrille Morel, cette affirmation n'excuse en rien la violence contenue dans le message.

Le socialiste Christophe Fouillère a par ailleurs souhaité rappeler que le graffiti était un acte illégal : «Le tag n’est pas un art urbain mais un acte de vandalisme puni par la loi. Il gâche le quotidien des riverains et entraîne un coût pour la collectivité de 450 000 euros par an», a-t-il martelé.

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