L'homme qui a diffusé la photo de la victime décapitée en Isère est un policier

Deux policiers se tenant aux abords du site de Saint Quentin Falavier le 26 juin dernier© Ruber Sprich Source: Reuters
Deux policiers se tenant aux abords du site de Saint Quentin Falavier le 26 juin dernier

Un policier a reconnu être à l'origine de la diffusion d'une photo de la tête de la victime décapitée dans l'attentat de l'usine Air Products de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), d'après le parquet de Vienne.


L'homme, agé d'une quarantaine d'années est officier-stagiaire. Il a été entendu à deux reprises dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet pour «apologie de terrorisme et atteinte au respect dû aux morts» après avoir diffusé sur des sites web et les réseaux sociaux la tête du chef d'entreprise Hervé Cornara qu'un de ses employés Yassin Salhi a assassiné le 26 juin en le décapitant, a indiqué le procureur de la République de Vienne à l'AFP. 

Le fonctionnaire, qui a reconnu être à l'origine de la diffusion de la photo en la partageant avec des tiers et notamment des camarades de promotion. Il a déclaré avoir agi «par bêtise». Toutefois, Il ne serait pas directement à l'origine de la mise en ligne du cliché sur internet.  

Une enquête avait été confiée par le procureur à la Direction interrégionale de la Police judiciaire (DIPJ) de Lyon et l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information, après que les cyberpatrouilleurs de la gendarmerie aient donné l'alerte sur la diffusion en ligne d'une photo de la mise en scène macabre de Yassin Salhi, moins d'un jour après le drame de Saint-Quentin-Fallavier.

Cette enquête  a permis d'établir que le cliché avait été pris en début d'après-midi, le 26 juin, sur la scène du crime gelée pour les besoins de l'enquête en cours. 

Selon le procureur de la République de Vienne, «deux policiers se sont spontanément dénoncés». L'un d'eux a indiqué que la photo diffusée sur les réseaux sociaux était bien celle qu'il avait pris sur la scène de crime pour les nécessités de l'enquête. Son camarde officier stagiaire lui aurait demandé de lui «passer le cliché photo», a-t-il expliqué. 

Le deuxième policier a  reconnu les faits et l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) a été saisie par le parquet.

Alors que le cliché a été relayé notamment sur des sites d'extrême droite, l'homme a nié «toute volonté apologétique» ou «velléité politique» dans son geste. 

«Les qualifications pénales et les modalités des poursuites sont en cours de définition», a souligné le procureur qui n'a donc pas encore décidé des suites judiciaires de cette affaire pour laquelle la famille de la victime Hervé Cornara a également portée plainte. 

Par ailleurs, le procureur avait confirmé l'aspect terroriste de l'attentat commis par Yassin Salhi qui «correspond très exactement aux mots d'ordre de Daesh». L'alerte attentat avait été décrétée en Rhône-Alpes durant 3 jours.

En savoir plus : Isère: le procureur confirme le lien avec une entreprise terroriste

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