Au moins trois quart des migrants interpellés en 2016 sont restés en France

Au moins trois quart des migrants interpellés en 2016 sont restés en France© Pascal Rossignol Source: Reuters
Migrants à la Porte de La Chapelle à Paris le 7 juillet.

A l'heure où le gouvernement entend se montrer plus ferme envers l'immigration illégale et les demandeurs d'asile déboutés de leur demande, le nombre des départs réels d'immigrés clandestins reste très bas en France.

Alors que le gouvernement entend lutter plus efficacement contre l'abus du droit d'asile, seule une faible minorité des migrants illégaux interpellés en France quittent réellement le territoire. Selon les données publiées par Le Figaro, seuls 13 000 «retours forcés» (sur environ 91 000 interpellations selon le quotidien) ont eu lieu en 2016, soit 16% de moins qu'en 2015.

Le quotidien affirme aussi que le total des éloignements du territoire français, quel que soit leur type (aidé, contraint, volontaire), ne représente qu'un tiers des interpellations de clandestins en 2016. Un chiffre qui peut donc être revu à la baisse car tous les clandestins ne sont pas contrôlés par les forces de l'ordre. Selon le quotidien, les autorités ont augmenté les départs forcés de 5% au cours des sept premiers mois par rapport à la même période en 2016.

Beaucoup de migrants illégaux présents sur le territoire français proviennent notamment d'Allemagne, un pays qui a débouté du droit d'asile environ 500 000 personnes depuis 2015. Selon la procédure dite de Dublin, les migrants doivent dans ce cas être réorientés vers le pays de l'Union européenne qui a rejeté leur demande d'asile pour que celui-ci procède à leur éloignement. 75% des migrants évacués de la Porte de la Chapelle à Paris en août relèveraient de la procédure mais aussi bon nombre des personnes qui affluent à la frontière avec l'Italie, selon les données avancées par le quotidien.

Malgré la volonté affichée du gouvernement d'endiguer l'afflux de clandestins, son champ d'action est souvent bloqué ou limité par l'Union européenne. En novembre par exemple, la France devra cesser de bloquer totalement certains accès à sa frontière (comme c'est le cas depuis les attentats de Paris), en raison de l'épuisement de son délai de deux ans de dérogation possible à l'accord de Schengen. Une mesure du projet de loi antiterroriste prévoit en compensation d'augmenter la durée de retenue autorisée pour le contrôle de migrants de six à 12 heures dans une zone de 20 kilomètres longeant la frontière. 

En 2015, la Cour des comptes avait estimé dans un rapport que 96% des demandeurs d'asile déboutés en 2014 étaient restés sur le territoire Français, un chiffre critiqué à l'époque par le gouvernement qui évaluait de son côté le nombre de départs de demandeurs d'asile déboutés à 20%. Durant l'été 2017 cependant, au moins trois vols complets d'immigrants illégaux en provenance d'Albanie, ont fait le voyage entre Paris et Tirana selon le Figaro

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