Le couple Balkany pourrait être renvoyé en correctionnelle pour blanchiment de fraude fiscale

- Avec AFP

Le couple Balkany pourrait être renvoyé en correctionnelle pour blanchiment de fraude fiscale© THOMAS SAMSON Source: AFP
Patrick Balkany

Le parquet national financier demande que le couple et l'un de leurs enfants soient renvoyés en correctionnelle pour blanchiment de fraude fiscale aggravée et que Patrick Balkany soit jugé pour corruption passive et prise illégale d'intérêts.

Le parquet national financier (PNF) a demandé le renvoi en correctionnelle du couple Balkany dans la vaste enquête sur le patrimoine du maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) et de son épouse, a appris le 25 juillet l'AFP de source proche de l'enquête.

Dans ses réquisitions rendues le 21 juillet, le PNF demande que le couple et l'un de ses enfants, Alexandre, soient renvoyés pour blanchiment de fraude fiscale aggravée et «déclaration incomplète ou mensongère» à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, chargée de contrôler les revenus des élus, selon cette même source.

Les magistrats soupçonnent le couple d'avoir eu recours à des montages sophistiqués, via des sociétés écrans à l'étranger, à Panama et au Liechtenstein entre autres, pour dissimuler au fisc notamment une villa dans les Antilles et un riad au Maroc, saisis par les juges.

Les investigations ont permis de mettre à jour au moins sept sociétés et fondations offshore créées entre 1986 et 2014 dans plusieurs paradis fiscaux. «Le montant des avoirs ayant transité sur les comptes de ces structures ne peut s'expliquer par le seul héritage des parents respectifs d'Isabelle et de Patrick Balkany, issus l'un et l'autre de familles aisées», estime le ministère public dans son réquisitoire, d'après une source proche du dossier. Le parquet estime que le montant des avoirs concernés par le blanchiment s'élève à au moins 13 millions d'euros.

Corruption passive et prise illégale d'intérêts

Le PNF requiert que Patrick Balkany, 68 ans, soit aussi jugé pour corruption passive et prise illégale d'intérêts. La justice soupçonne que le riad de Marrakech a été en partie financé par un homme d'affaires saoudien, Mohamed bin Issa al-Jaber, au moment où il négociait avec la ville de Levallois-Perret les droits de construire des tours jumelles, un projet qui n'a finalement pas vu le jour.

Selon la conviction des magistrats, c'est pour cacher ces actes de corruption que le riad aurait été acheté via des sociétés panaméennes, grâce à l'entremise d'un proche collaborateur du maire de Levallois, Jean-Pierre Aubry, et de l'avocat Arnaud Claude, associé de l'ancien président Nicolas Sarkozy dont Patrick Balkany a longtemps été un intime.

Le parquet a requis le renvoi de Mohamed bin Issa al-Jaber, Jean-Pierre Aubry et Arnaud Claude. Si les juges suivent les réquisitions du parquet, six protagonistes seront donc renvoyés devant le tribunal correctionnel.

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