Pas-de-Calais : un chauffeur tué dans un accident provoqué par un barrage de migrants

- Avec AFP

Pas-de-Calais : un chauffeur tué dans un accident provoqué par un barrage de migrants© PHILIPPE HUGUEN / AFP
Des migrants sur l'autoroute en direction de Calais, le 14 février 2017

Le conducteur d'une camionnette est mort à Guemps (Pas-de-Calais) dans un accident provoqué par un barrage de migrants sur l'autoroute A16, une première dans le Calaisis depuis le début de la crise migratoire, en 2014, selon la préfecture.

Vers 3h45, dans la nuit du 19 au 20 mai, un barrage de troncs d'arbres installé par des migrants sur l'autoroute A16, entre les échangeurs 49 et 50 a provoqué le décès du conducteur d'une camionnette, immatriculée en Pologne, selon un communiqué de la préfecture.

«La camionnette a percuté l'un des trois poids lourds bloqués par le barrage, et s'est embrasée», détaille-t-elle, ajoutant que l'identité du conducteur n'est pas connue à ce stade, compte tenu de l'état du corps. 

Neuf migrants de nationalité érythréenne ont été interpellés dans l'un des poids lourds bloqués par le barrage et placés en garde à vue. L'autoroute A16 a été fermée au niveau de l'échangeur 50. 

L'installation par des migrants de barrages artisanaux dans le Calaisis, principalement la nuit, afin de ralentir des camions en partance pour l'Angleterre et tenter de se cacher à l'intérieur était quasi-quotidienne lorsque la «Jungle» existait encore. Cette pratique avait cessé avec son démantèlement en octobre 2016, mais elle a repris depuis fin mai et le retour marqué des migrants dans le Calaisis.

Entre 400 migrants, selon la préfecture (600, selon les associations) vivent aujourd'hui à Calais et dans ses environs dans des conditions précaires, ayant toujours en tête de rejoindre l'Angleterre.

Gérard Collomb se rendra prochainement à Calais 

Le ministre de l'intérieur Gérard Collomb a déclaré au cours d'une visite à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), le 20 juin, qu'il se rendrait «prochainement» à Calais et à Vintimille, «là où se situent les points de fixation» des migrants. 

«On ne peut pas laisser perdurer ces atteintes à la légalité», a-t-il ajouté, en allusion à une reprise des incidents à Calais depuis plusieurs jours. Il a en outre jugé que les responsables devaient être poursuivis devant les tribunaux, car «qu'on soit migrant ou français, on respecte la loi française».

Sur l'accueil des migrants, le ministre de l'Intérieur a plaidé pour une politique globale, visant à empêcher des flux migratoires incontrôlables, «même en ouvrant des centres d'accueil dans toute la France». Selon lui, il est nécessaire de «traiter le problème de l'asile et en même temps [d']essayer de lutter contre ce qui est devenu, à travers l'Afrique et la Libye, un trafic d'êtres humains.»

Évoquant ses échanges avec le président sur cette question, Gérard Collomb a déclaré «Nous avons la même idée : il faut qu'on puisse accueillir ceux qui ont droit à rester en France au titre de l'asile», mais aussi «avoir des procédures pour faire en sorte que soient reconduits aux frontières ceux qui n'y ont pas droit.»

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