Fermée en 2016 sous l'état d'urgence, une mosquée est autorisée par l'Intérieur à rouvrir ses portes

- Avec AFP

Fermée en 2016 sous l'état d'urgence, une mosquée est autorisée par l'Intérieur à rouvrir ses portes© Maxppp - Florian Niget
La mosquée «Al Rawda» de Stains, en Seine-Saint-Denis

Changement d'imam, lutte contre la radicalisation : le ministère de l'Intérieur a autorisé la réouverture de la mosquée de Stains. Considéré comme un lieu influent de la mouvance salafiste, le lieu de culte avait été fermé en novembre 2016.

La mosquée Al Rawda de Stains, en Seine-Saint-Denis, va rouvrir ses portes, six mois après avoir été fermée dans le cadre de l'état d'urgence, a annoncé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué paru le 10 mai. Les autorités accusaient à l'époque ses dirigeants de promouvoir un islam radical.

La décision de réouverture, prise le 9 mai par arrêté préfectoral, a été signifiée dans la foulée aux responsables de l'association gérant la mosquée, qui ont par conséquent pris un certain nombre de mesures, a précisé le ministère, confirmant une information parue dans le quotidien La Croix. Selon l'Intérieur, le lieu de culte ne pourra toutefois rouvrir qu'après régularisation de son dossier d'accessibilité et de sécurité incendie auprès de la mairie de Stains.

Le ministère a précisé que l'association avait décidé de se séparer de «l'imam radical» qui y officiait et de recruter des imams «modérés», d'installer de la «vidéoprotection» dans l'optique de prévenir la constitution de groupes susceptibles de diffuser des messages radicaux. 

Selon la déclaration ministérielle, les gérants du lieu de culte se sont aussi engagés à constituer une «équipe de vigilance», chargée d'alerter sur les comportements et les expressions contraires aux valeurs de la République. Ils devront également créer un site internet – où doit figurer un message de condamnation des propos tenus par l'ancien imam et certains individus qui ont fréquenté la mosquée – et développer un contre-discours face aux phénomènes de radicalisation.

Cette mosquée de Seine-Saint-Denis, qui accueillait plus de 600 fidèles lors de la prière du vendredi, constituait un lieu influent de la mouvance salafiste et représentait, par son fonctionnement et sa fréquentation, une menace pour la sécurité et l'ordre publics, a rappelé l'Intérieur.

Le lieu de culte avait été fermé début novembre 2016 dans le cadre de l'état d'urgence. Le Conseil d'Etat, saisi par l'équipe dirigeante du lieu de culte, avait confirmé la fermeture en janvier.

Pour mémoire, au moins une vingtaine de mosquées et salles de prières jugées radicalisées ont été fermées depuis l'instauration de l'état d'urgence après les attentats du 13 novembre 2015.

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