EN CONTINU : Les «petits candidats» pour la première fois face aux «grands» dans le débat à 11

EN CONTINU : Les «petits candidats» pour la première fois face aux «grands» dans le débat à 11 Source: AFP
Chaque détail a été réglé au centimètre près sur le plateau du débat qui opposera les onze candidats à la présidentielle

Pour la première fois, tous les candidats à la présidentielle se retrouveront sur un même plateau pour débattre. Interrogés sur l'emploi, la sécurité et le modèle social, ils tenteront de convaincre les Français, à vingt jours du premier tour.

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  • 6,3 millions de téléspectateurs en moyenne ont suivi le débat entre les onze candidats à la présidentielle sur BFMTV et CNews le soir du 4 avril, soit près d'un tiers des téléspectateurs, selon les chiffres de Médiamétrie.

    Ils étaient plus de 10 millions le 20 mars devant le débat à cinq sur TF1 et LCI, soit près de la moitié des téléspectateurs présents devant leur poste.

  • Selon un sondage Elabe réalisé pour BFMTV, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a été jugé le plus convaincant.

    Ils sont ainsi 25% des téléspectateurs interrogés par Elabe à avoir estimé que le candidat de la «France insoumise» avait dominé les échanges. Il devance ainsi Emmanuel Macron (21% des sondés) et François Fillon (15% des sondés). 

  • L'étude Elabe publiée par BFMTV révèle que le candidat le plus convaincant pour 26% des téléspectateurs a été Jean-Luc Mélenchon.

  • «Les Français ont une nation, une patrie, dont ils sont propriétaires», déclare Marine Le Pen. «Vous n'avez aucune raison de désespérer», lance-t-elle aux Français, «puisque rien n'a été tenté». «N'ayez pas peur de la liberté !», conclut-elle.

  • Jean Lassalle achève sa dernière intervention en évoquant la «transmission des savoirs». «Que celui qui est arrivé trois-cent ans avant Jésus-Christ et celui qui est arrivé l'autre nuit puissent avoir les mêmes chances !», lance-t-il, avant de lancer un appel au «bonheur» haut en couleur.

  • «Il faut renouer avec les jours heureux de la Libération», estime Jacques Cheminade. Pour sa dernière intervention, il propose également un récapitulatif de ses propositions : élimination des dettes, investissement dans les secteurs d'avenir, combat contre la finance... Il termine en évoquant «des planétariums, des palais de la découvertes, des musées de l'imagination» qu'il souhaite édifier en France.

  • «Ce que je propose, c'est l'alternance avec les cinq et même avec les vingt dernières années», martèle Emmanuel Macron, qui se pose en défenseur d'un «projet d'émancipation». «C'est avec cet optimisme volontaire que je veux renouer», conclut-il.

  • François Asselineau choisit de conclure sur une dénonciation des programmes des 10 autres candidats, dont il estime qu'ils «ne veulent pas sortir de l'Union européenne», il invite les Français à ne «pas avoir peur» et à suivre le modèle du «peuple britannique».

  • «Ce ne sont pas ceux qui ont créé le problème qui pourront le résoudre», affirme Nicolas Dupont-Aignan, qui se présente comme «gaulliste et républicain de bon sens». Se présentant comme «un entraîneur» d'une équipe de sport, il conclut par un «Vive la France, vive la République !».

  • Benoît Hamon s'essaye à une envolée lyrique, évoquant les Français de «toutes origines».

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Les chaînes CNews et BFMTV organisent le 4 avril au soir un grand débat entre tous les candidats à la présidentielle. A partir de 20h40, Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, Benoît Hamon, Jean Lassalle, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou se retrouvent donc sur le même plateau – un événement sans précédent en France, où la tradition se limite usuellement au seul débat entre les finalistes de l'entre-deux-tours.

Les journalistes Ruth Elkrief et Laurence Ferrari ont choisi de réduire à trois le nombre de sujets soumis aux candidats d'aborder : l'emploi, la sécurité et le modèle social. Chacun des invités disposera ainsi du même temps de parole d'environ 15 à 17 minutes pour exposer son programme sur ces thèmes. Les téléphones portables seront par ailleurs interdits. Si aucun détail n'a été laissé au hasard, l'écart entre les pupitres ayant même été fixé à 87 centimètres précisément, c'est par tirage au sort que l'ordre dans lequel les concurrents prendront la parole a été arrêté. François Fillon sera le premier à s'exprimer ; la dernière intervention sera celle de Marine Le Pen.

Contrairement au débat organisé par la chaîne TF1 le 20 mars dernier, les «petits candidats» auront cette fois voix au chapitre... ce qui pourrait compliquer l'exercice pour les cinq autres. «Les petits candidats, et notamment Nicolas Dupont-Aignan, ont tout intérêt à attaquer François Fillon», estime Brice Hortefeux, cité par Le Figaro. La gauche radicale, représentée par Philippe Poutou du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière (LO), n'a pas pour habitude de ménager ses attaques contre le Parti socialiste (PS), représenté par Benoît Hamon, voire contre Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise. Quant à François Asselineau, le candidat de l'Union populaire républicaine (UPR), il regarde depuis plusieurs années Marine Le Pen et le Front national (FN) comme ses principaux adversaires, les accusant de «ne pas vraiment vouloir sortir de l'Union européenne».

A moins de vingt jours du premier tour, ce grand débat peut-il changer la donne ? Quoi qu'il en soit, les enjeux sont de taille et la situation pour le moins inédite. Les deux candidats des grands partis traditionnels, François Fillon et Benoît Hamon, font paradoxalement figure de challengers face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen, que les intentions de vote exprimées à ce jour devraient permettre de porter au second tour. Ces deux derniers ont donc plus à y gagner qu'à y perdre – Emmanuel Macron avait même envisagé, dans un premier temps, de ne pas honorer l'invitation de CNews et BFMTV. Jean-Luc Mélenchon entend sans doute amplifier l'élan qui semble le porter depuis quelques semaines, notamment en soignant son image de présidentiable. Quant aux «petits candidats», ils espèrent tirer profit d'une médiatisation qui leur était jusque ici refusée et mettre les favoris face à leurs contradictions.

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