Repéré dès 2009, un des kamikazes du Bataclan n'avait jamais fait l'objet d'une surveillance poussée

Repéré dès 2009, un des kamikazes du Bataclan n'avait jamais fait l'objet d'une surveillance poussée Source: AFP

Evoluant depuis plusieurs années dans les milieux islamistes radicalisés, fiché S, proche d'un prédicateur djihadiste marocain, un des auteurs des attentats de Paris est passé entre les mailles des services de renseignement.

Le quotidien Libération s'est appuyé sur des notes de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour lever le voile sur certaines défaillances du contre-terrorisme français. Ces documents ont été déclassifiés à la demande des juges antiterroristes chargés d'instruire le dossier des attentats du 13 novembre 2015 perpétrés par Daesh à Paris.

Selon ces notes, Ismaël Omar Mostefaï, l’un des trois kamikazes du Bataclan, était connu des services de contre-terrorisme français depuis 2009 mais n'avait jamais fait l'objet d'une attention particulière des services de renseignement. 

Pourtant, Ismaël Omar Mostefaï a gravité pendant six années dans la nébuleuse islamiste en France. Fiché S (pour Sûreté de l'Etat) dès 2010 par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, devenue DGSI en 2014), mais considéré comme «périphérique» par les services de sécurité intérieure, il avait échappé aux mesures diligentées par les services de renseignement français.

Selon les notes de la DGSI, le jeune homme se serait surtout radicalisé au contact d'Abdelilah Ziyad, un prédicateur djihadiste marocain et cerveau d'un attentat au Maroc en 1994. Le rôle de cet individu – pourtant interdit de territoire en France – dans la constitution d'une cellule djihadiste avait été dévoilé en novembre 2015 par le site d'information Mediapart, quelques jours après les attaques terroristes au cœur de la capitale française. 

Comme le souligne Libération, la DGSI avait donc repéré Ismaël Omar Mostefaï, sans toutefois surveiller sérieusement le jeune homme, malgré ses contacts répétés avec Abdelilah Ziyad. 

Comment s'étonner dans ces conditions si Ismaël Omar Mostefaï a pu se rendre en Turquie et vraisemblablement en Syrie à deux reprises sans que les services de renseignement français ne soient en capacité de surveiller ses faits et gestes ?

Les sources policières contactées par Libération se sont pour le moment refusées à commenter l'affaire. 

Pour mémoire, le 13 novembre 2015, des attaques terroristes dans sept endroits de Paris avaient coûté la vie à 130 personnes. Les djihadistes de Daesh avaient notamment commis un massacre dans la salle de spectacle du Bataclan et pris pour cible des personnes attablées dans des cafés des Xe et XIe arrondissements de Paris. Un kamikaze s'était également fait exploser à Saint-Denis. Sept terroristes, dont Ismaël Omar Mostefaï, avaient été tués lors de ces attaques. 

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