Rachat de Bouygues Télécom par SFR, ce sera «non merci»

Rachat de Bouygues Télécom par SFR, ce sera «non merci»© Philippe Wojazer Source: Reuters
Il n'y aura pas d'absorption de Bouygues Telecom par SFR

«Tout n'est pas a vendre». Le refus est net, Martin Bouygues ne vendra pas sa filière Télécom à SFR-Numéricable pour 10 milliards d'euros. Une décision qui sonne comme un camouflet poli à l'offre du PDG de SFR, Patrick Drahi.

«Je considère qu'une entreprise n'est pas une marchandise comme une autre, tout n'est pas à vendre» a déclaré Martin Bouygues au micro de RTL pour justifier de la décision prise par le conseil d'administration de sa société de rejeter l'offre de rachat.

En savoir plus: Citizen Drahi à l'assaut de Bouygues Telecom

La décision est motivée par le risque d'exécution trop important que Bouygues refuse visiblement d'assumer. Autre motif, plus étonnant celui-là, Bouygues semble vouloir respecter un certain équilibre dans la concurrence entre les opérateurs de téléphonie en France. 

Enfin, la fibre social de Bouygues a visiblement vibré puisque le communiqué du conseil d'administration précise que ce dernier «a apporté une grande attention aux conséquences de la consolidation du marché sur l'emploi ainsi qu'aux risques sociaux nécessairement liés à une telle opération».

Du côté des pouvoirs publics, le soulagement doit être mise puisque ceux-ci voyaient d'un mauvais oeil l'effet mécanique de concentration que le rachat de Bouygues allait faire peser sur le marché des Télécoms.

Les syndicats voient quant à eux s'éloigner la perspective d'environ 3000 licenciements secs.

C'est du côté de Patrick Drahi, PDG de Altice, la maison-mère de SFR-Numéricable, que le coup a dû être rude à encaisser. Ce refus sonne en effet comme un coup de frein à l'insatiable appétit de rachat que montrait l'homme d'affaires franco-israélien. 

Les méthodes de gestion dénoncées par les syndicats et l'endettement vertigineux de son groupe, à plus de 33 milliards d'euros, suscitent depuis longtemps des inquiétudes. Certains n'avaient d'ailleurs pas hésité à le comparer à Jean-Marie Messier, lequel avait failli couler le groupe Vivendi par sa folie de l'expansion tous azimuts. Une stratégie du «too big to fail» («trop gros pour faire faillite») auquel le fameux bon sens très terrien de Martin Bouygues en matière d'affaires a mis un terme, pour le moment.

 

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