Des migrants mineurs, isolés et toxicomanes, sont livrés à eux-mêmes dans Paris

Des migrants mineurs, isolés et toxicomanes, sont livrés à eux-mêmes dans Paris
Camp de migrants dans l'est parisien en novembre 2016, photo ©LIONEL BONAVENTURE / AFP

Venus du Maroc via l'Espagne, ils seraient une quinzaine dans le quartier de la Goutte-d'Or, une centaine pour l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Dans leur sillage, vols, agressions et vandalisme.

Le quartier de la Goutte-d'Or avait déjà mauvaise réputation : vente à la sauvette de cigarettes de contrebande aux abords du métro Barbès-Rochechouart, trafic divers, dont celui du crack jusque dans les couloirs du métro. A tout cela s'ajoute désormais un phénomène inédit : l'apparition de bandes de mineurs livrés à eux-mêmes, l'addiction à la drogue en plus.

«De temps à autres, ils plongent leur visage dans un sac en plastique et inspirent la colle à plein poumon», constate Le Monde, qui en a dénombré une quinzaine, pour la seule rue de la Goutte-d'Or, dans le XVIIIe arrondissement de la capitale.

Scènes du tiers-monde

L'Office français de l'immigration et de l'intégration les estime pour sa part à une centaine, tandis que la Mairie de Paris n'en a identifié que 24. Quel que soit leur nombre, ces mineurs, venus du Maroc via l'Espagne au début de l'année 2017, livrés à eux-mêmes arpentent les rues. Démunis, en situation de survie, ils mettent à profit la moindre opportunité. Conséquences prévisibles : des agressions, des vols et même des cambriolages opportunistes. Les mineurs qui refusent l'aide des associations, squattent des laveries automatiques ou encore des voitures Autolib' afin de s'abriter.

On les a vus se battre au cutter, agresser une jeune fille

«Ils fument, ils crachent, ils boivent, ils se droguent, ils insultent et vandalisent», raconte un témoin au Monde. «Défoncés à la colle, ils sont hyper agressifs», témoigne un restaurateur italien : «On les a vus se battre au cutter, agresser une jeune fille de 14 ans pour lui voler son sac, cambrioler le studio du boucher, défoncer la porte d’une école…»

Le problème, inédit, embarrasse la Mairie de Paris, qui a fait depuis de nombreuses années du «vivre ensemble» un des ses chevaux de bataille. Désarmée, la Ville de Paris, explique qu'«on ne peut tout de même pas envoyer des enfants de neuf ans en prison».

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