Un internaute trolle Le Monde en créant l’anti-Décodex

Un internaute trolle Le Monde en créant l’anti-Décodex © Capture d'écran du site chrome.google.com
OpenMind ou l'anti-Décodex est disponible sur la toile

OpenMind vient de faire son apparition dans le catalogue des extensions de Google Chrome. Reprenant le principe du très controversé Décodex, il vous livre des conseils opposés à ceux du Monde pour vous informer sur internet.

«En considérant que la nécessité de contrer les "fausses informations" est réelle, on peut comprendre la volonté d'agir de certains.
 Cependant, dans la démarche du journal Le Monde avec leur Décodex, ce qu'on voit, ce n'est pas un combat contre les hoax, mais des jugements arbitraires, parfois complaisants, parfois rudes, d'une équipe qui se fait juge et partie et qui perd son objectif d'origine, en profite pour régler des comptes, pour condamner ce qui ne leur plait pas, au lieu de condamner ce qui est faux.» Autant dire que Lejendarm (pseudonyme) n’a pas apprécié le dernier gadget du Monde et a décidé de créer sa propre extension pour le navigateur de Google.

Le Décodex du Monde propose une notation de centaines de sites avec des couleurs selon leur crédibilité... du point de vue des équipes du quotidien, évidemment. Critiqué de toutes parts, il a aujourd’hui son concurrent parodique : OpenMind.

La réalisation de Lejendarm propose ainsi sa propre classification à rebrousse poil de celle du Décodex en reprenant le même code couleur. Le vert, qui sur la planète Monde signifie crédible, est ici utilisé pour définir «un site probablement non-occidental ou qui défend des analyses peu communes». Le bleu qui était utilisé pour les sites parodiques sert dorénavant à répertorier les adresses «alternatives, pas mainstream». Le gris reste sur les sites collaboratifs style Wikipédia qui pour OpenMind sont «incroyablement plus pros que les articles de presse». En orange, couleur de la méfiance pour Le Monde, OpenMind classe les sites «parodiques et inutiles», tout en ajoutant : «Après, faut être un peu débile pour avoir besoin d'un outil pour s'en rendre compte.»

Finalement, à côté du rouge, couleur de l’ignominie journalistique pour les équipes du Monde, le créateur de l’OpenMind a décidé d’insérer cette légende : «Une vision du monde pour les dominer toutes.» La référence est évidente.

Succès plus que relatif pour le Décodex

A la base de sa décision, une analyse sévère de la réalisation du Monde : «Ce que j'y vois, c'est un danger, je ne me permettrais pas de douter de la volonté originelle de cette équipe, mais ce qui en est ressorti est hautement critiquable. 
Proposer un outil aussi intrusif, sous contrôle d'un petit groupe qui n'a de compte à rendre à personne et qui a la volonté de vous dire ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas, proposer un outil de la sorte en imaginant que ça plaise et que ça se popularise, c'est jouer avec le feu.»

Lorsque l’on teste la version de Lejendarm, on s’aperçoit qu’il a poussé le jeu jusqu’à, à l’instar du Monde, rédiger des petites descriptions des sites auxquels il s’est intéressé. Celui de Valeurs Actuelles par exemple, était catalogué en orange par Le Monde car «régulièrement imprécis». Du côté d'OpenMind, c'est un «site mal perçu par l'équipe du journal Le Monde» ce qui doit «probablement» le rendre «intéressant». Même chose pour RT France. En orange chez Le Monde à cause de son «biais» pro-russe malgré sa capacité à réaliser «des enquêtes de qualité», le site de RT France devient «probablement intéressant» avec OpenMind.

Sans surprise, celui du Monde s’est vu décerné la couleur rouge : «Ce site a reçu la bénédiction de Le Monde. Soyez prudent, prenez en à petite dose.»

Si pour l’instant l’outil, dont la dernière mise à jour remonte au 15 février, n’a été téléchargé que quelques dizaines de fois, il a déjà des fans. Olivier Berruyer, membre des Econoclastes et auteur du blog Les Crises, a invité les internautes à télécharger en masse cette sorte de «Déconex» [sic]. «N’hésitez donc pas à soutenir notre combat en l’installant, [...] une fois (quitte à le désinstaller tout de suite, après avoir souri – comme l’ont fait tant de personnes avec le Décodex) et en lui mettant 5 étoiles, cela peut-être drôle si ça buzze un peu…», a notamment écrit Olivier Berruyer sur son blog.

Pour rappel, le blog de ce dernier a été catalogué comme un site diffusant «des théories conspirationnistes» par le Décodex du Monde. Depuis, le blogueur a reçu le soutien de personnalités aussi diverses qu'Emmanuel Todd, Aude Lancelin, Jacques Sapir, Régis de Castelnau, Paul Moreira, Jean Bricmont ou Etienne Chouard.

Depuis son lancement, le succès du Décodex est très mitigé. Le 20 février, son extension pour Google Chrome avait été téléchargée environ 21 000 fois. Un score bien faible pour un média qui possède six millions d’abonnés sur Twitter comme se plaisait à le rappeler Samuel Laurent, l’un des pères du Décodex.

© Capture d'écran du site : www.les-crises.fr
Malgré ces chiffres impressionnants, le Décodex a beaucoup de mal à trouver son public

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