Les producteurs de Cognac en guerre contre la dérégulation prônée par Bruxelles

Les producteurs de Cognac en guerre contre la dérégulation prônée par Bruxelles Source: Reuters
Le célèbre Cognac au centre d'une polémique agricole

Les viticulteurs de Cognac ont dénoncé le 14 février à Paris les «vautours» de la «dérégulation» qu'ils accusent de détourner le système des autorisations de plantation dans leur vignoble et de «déstabiliser» l'équilibre de leur filière.

«Nous sommes victimes de transferts de vignobles venant d'autres régions de France», tonne Stéphane Roy, président de l'Union générale des viticulteurs (UGVC) pour l'AOC Cognac. L'homme est en colère. Lors d’une conférence de presse tenue le 14 février à Paris, il a fustigé les nouvelles réglementations européennes en matière de plantations de vignobles. Selon lui, elles mettent en danger le futur de sa branche.

L'UGCV a d’ailleurs lancé une pétition sur change.org pour demander au gouvernement d'agir afin de renforcer d'urgence la régulation du secteur, le temps de négocier un nouvel accord avec Bruxelles.

«Colère» des viticulteurs de la région

Le coeur du problème se situe dans le vide juridique provoqué par les décisions européennes qui ont permis à quelque 30 à 40 viticulteurs «opportunistes» sur les quelque 4 400 que compte la zone d’obtenir des droits à plantation portant sur 300 nouveaux hectares de vigne.

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Comment ont-ils fait ? Ils ont simplement utilisé des transferts de droits à plantation, en achetant au préalable des vignobles dans d'autres régions françaises, en général moins rentables que celle de Cognac. Par la suite, ils leur suffisaient d’arracher les vignes afin de générer des droits à plantation, qu'ils ont utilisés dans le Cognac.

Si, Stéphane Roy dit connaître les noms des exploitants ayant employé cette technique, il ne souhaite pas «les rendre publics». «La colère est très forte sur le terrain, il s'agit d'une politique de déstabilisation de la filière», a-t-il ajouté.

Au total, Cognac compte quelque 75 000 hectares de vignes sans appellation et la profession veille à la limitation de l'extension de son vignoble. L’affaire est d’autant plus problématique que cette filière est organisée historiquement autour d'une co-gestion très fine entre producteurs et négociants, de ses potentiels de production pour conférer une rentabilité optimale à ses acteurs.

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