Projet phare du gouvernement, le centre de déradicalisation de Pontourny est désormais vide

Projet phare du gouvernement, le centre de déradicalisation de Pontourny est désormais vide© GUILLAUME SOUVANT Source: Reuters
Le dernier résident du centre de Pontourny a été exclu le 8 février

Le gouvernement persiste ; l'établissement expérimental, premier du genre en France, ne fermera pas. Il peine pourtant à recruter des volontaires et son efficacité pose question : le dernier résident en a été exclu pour apologie du terrorisme.

Selon des informations de la radio Europe 1, le centre expérimental de déradicalisation de Pontourny, dans l'Indre-et-Loire, ouvert en grande pompe par le gouvernement en septembre dernier, est aujourd'hui vide.

Le but du projet est de recevoir une trentaine de personnes âgées de 18 à 30 ans, en voie de radicalisation mais ni fichées ni assignées à résidence et... volontaires. La structure peine à trouver des candidats, ils étaient seulement six début novembre.

Depuis, certains ont quitté l'établissement et d'autres en ont été exclus. L'un d'eux a par exemple été interpellé mi-janvier lors d'une opération anti-terroriste, parce qu'il faisait parti de la filière djihadiste de Strasbourg.

Concernant le dernier pensionnaire, l'encadrement avait noté qu’il semblait se radicaliser d’avantage et que son rejet de la France avait tendance à s’amplifier. Il a finalement été exclu le 8 février après avoir été condamné pour violences et apologie du terrorisme, pour des faits qui remontent à 2014. 

En octobre, Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, avait pourtant loué la réussite du projet, se montrant satisfait que «le dispositif fonctionne». «Les politiques publiques commencent à porter leurs fruits», avait-il fièrement annoncé. 

Mais même vide, Pontourny va continuer à fonctionner. Fin janvier, Bruno Le Roux ne voulait pas entendre parler de sa fermeture, jugeant qu'il fallait «encore continuer à travailler». «Je veux que nous tirions les enseignements de ce qui s'est passé pendant ces premiers mois pour évaluer, apporter des corrections et faire en sorte que ce centre puisse mieux fonctionner», avait-il déclaré.

Le ministère de l'Intérieur assure qu'un nouveau groupe est en cours de constitution. L'arrivée des nouveaux résidents pourrait cependant prendre plusieurs semaines.

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