Marine Le Pen : la question de cette élection est celle de l'existence de notre civilisation

Marine Le Pen : la question de cette élection est celle de l'existence de notre civilisation© Robert Pratta Source: Reuters
Marine Le Pen prononce son discours de campagne à Lyon, le 5 février

Marine Le Pen a lancé sa campagne le 5 février à Lyon au Palais des Congrès en se présentant comme la «candidate de la France du peuple» face à «la droite du fric, la gauche du fric».

Lors de son discours de campagne, qu'elle a tenu au Palais des Congrès de Lyon, Marine Le Pen a dénoncé le «mondialisme affairiste» de l'Union européenne et le «mondialisme islamiste».

«Nous devons faire preuve de notre lucidité», a-t-elle précisé.

«Vous avez compris, l'actualité récente en a apporté une démonstration éclatante, contre la droite du fric, la gauche du fric, je suis la candidate de la France du peuple [...] Après des décennies d'erreurs et de lâchetés, des fausses alternances faites de reniement, de laisser aller, de laisser passer, de laisser faire, nous sommes à la croisée des chemins», a lancé la présidente du Front national (FN) en ouverture de son meeting de campagne.

Schengen a fait de la France une gare

En parlant de la zone Schengen, Marine le Pen a précisé que les Français ne voulaient pas «vivre sous le joug de l’islamisme».

«Schengen a fait de la France une gare», a-t-elle souligné, en appelant à «la résistance et à la reconquête».

«Les gens viennent en France pour trouver la France et pas pour la transformer selon le modèle de leur pays d'origine», a-t-elle poursuivi en faisant allusion aux problèmes liés à l’afflux de réfugiés du Moyen-Orient.

«Un étranger clandestin ne pourra jamais être régularisé, et a fortiori jamais naturalisé. Quand on est étrangers dans un pays, on ne commence pas par imposer sa loi. Sur ce sujet il n'y aura aucun recul, aucune retraite, aucune compromission», a mis en avant Marine Le Pen qui voudrait bien inscrire la laïcité dans le droit du travail.

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Frexit est le souci de la patrie


En mettant en avant la décision des Britanniques de sortir de l’UE et la décision des Italiens de ne pas adopter les réformes constitutionnelles de Matteo Renzi, elle a appelé les Français à «se démettre du cauchemar et [à] devenir libres». «C’est le souci de la patrie», a-t-elle justifié.

«Nous devons mettre notre économie en ordre, notre école en ordre, notre justice en ordre, notre diplomatie en ordre, notre police en ordre, notre solidarité en ordre […] Pour ce faire, nous avons besoin de tout le monde, de tous ceux qui aiment la France», a-t-elle conclu.

«Mes adversaires prétendent contrôler les frontières, revenir sur le droit du sol, lutter contre la concurrence déloyale. Ils vous mentent. En refusant de s'affranchir de l'UE, ils s'interdisent toute inflexion même mineure», a-t-elle déclaré.

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Nous n’avons aucun ami à remercier

En ce qui concerne la politique intérieure, Marine le Pen a précisé que les Français devaient faire changer leur pays. Et pour elle, le premier pas consiste à abroger la loi El Khomri et à maintenir la durée hebdomadaire du travail à 35 heures.

«Nos prestations sociales parce qu'elles sont distribuées à ceux qui viennent du monde entier sont en train de ruiner notre système au détriment de ceux qui en ont besoin», a-t-elle poursuivi.

En mettant en avant le choix du peuple américain lors de la présidentielle de l’an dernier, elle a demandé à ses compatriotes de suivre les décisions prises par le futur président car «sans contrôle, on n'a pas de démocratie». Marine Le Pen s’est également livrée à un plaidoyer en faveur de la démocratie de proximité, «la seule que la France peut se permettre pour que les Français puissent la contrôler».

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Nous sommes pour le local et contre le global

La présidente du Front national a également souligné la nécessité pour la France de conserver son autonomie, fustigeant au passage la mondialisation. «Nous n’avons aucun ami à remercier. Nous sommes libres de projets. Chaque français est libre de trouver sa place. Nous sommes pour le local et contre le global», a-t-elle poursuivi au sujet de la globalisation économique, dénonçant le fait que certaines choses étaient produites sur un continent mais vendues ou consommées sur un autre.

«Il faut protéger notre commerce et nos banques de proximité», a-t-elle conclu Marine Le Pen.

S’agissant de la lutte contre la délinquance, Marine Le Pen estime que la France doit conclure des accords bilatéraux pour que les délinquants restent dans leurs pays d’origine et pas en France. De plus, elle a proposé de reconduire les étrangers fichés S à la frontière. L’argent ainsi économisé pourrait être alloué au budget de l’armée.

«La première des libertés est la sécurité. Nous allons rétablir l'Etat de droit, c'est-à-dire faire appliquer la loi républicaine là où elle a perdu droit de cité. Nous allons enfin en finir avec l'impunité des délinquants, les zones de non-droit, la dictature de caïds dans certains quartiers, les cambriolages, les voitures brûlées. Les effectifs de police seront renforcés ainsi que ceux de la justice. Les moyens des services de renseignement seront augmentés», a-t-elle promis. 

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