Primaire à gauche : le Parti socialiste compte-t-il encore pour Jean-Luc Mélenchon ?

Primaire à gauche : le Parti socialiste compte-t-il encore pour Jean-Luc Mélenchon ?
Jean-Luc Mélenchon en meeting au Mans, le 11 janvier 2017, photo ©EAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Tandis que la primaire à gauche peine à convaincre, Jean-Luc Mélenchon semble considérer que le Parti socialiste est en voie de marginalisation. En témoigne que le candidat de la «France insoumise» préfère porter ses coups sur Emmanuel Macron.

Alexis Corbière, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon paraîtrait presque condescendant. «C'est une primaire de perdants», lance-t-il avec aplomb sur le plateau du Grand Soir 3 ce 15 janvier 2017. Avant de souligner que les candidats de la primaire à gauche étaient selon lui, comptables du bilan du quinquennat de François Hollande. Une «politique qui a échoué, c'est celle de Monsieur Valls, de Monsieur Montebourg, Hamon et Peillon», assène-t-il.

Il semble loin le temps où Alexis Corbière redoutait – début septembre 2016 – la «mécanique perverse» de la primaire à gauche. Quatre mois plus tard, le rapport de force semble bel et bien inversé. La primaire était bien une «mécanique» conçue sur mesure pour François Hollande. Mais, après son renoncement, c'est une machine qui tourne à vide, et l'illusion d'une primaire comme facteur de rassemblement sous l'égide du Parti socialiste (PS) s'évapore.

D'autant que Jean-Luc Mélenchon refuse encore et toujours toute idée d'accord avec le vainqueur des «primaires citoyennes» ? Des «contes de fée», a coupé Jean-Luc Mélenchon lors de l'émission du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro ce 15 janvier.

Le «casse-noix» de Jean-Luc Mélenchon en action

Car c'est bien le contraire qui se dessine. Jean-Luc Mélenchon en serait plutôt à sonner l'hallali sur le Parti socialiste, également assiégé sur sa droite par Emmanuel Macron, lequel surfe sur les sondages.

«Il y a un petit air de panique, c'est comme le casse-noix, faut que ça serre des deux bords : Macron et Mélenchon», ironisait le candidat de la «France insoumise» le 11 janvier 2017, lors d'un meeting au Mans. Et de fait, la primaire de la gauche ressemble de plus en plus à ce que le secrétaire général du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis s'efforçait de conjurer : une primaire avant la véritable primaire, c'est-à-dire le premier tour de l'élection présidentielle.

Suppliques

Et de fait, Jean-Christophe Cambadélis a beau faire et se débattre comme un beau diable, sa rhétorique ne parvient pas à tordre la réalité. La primaire de la gauche apparaît de plus en plus comme ce qu'elle est : une primaire avant la primaire, celle du premier tour de l'élection présidentielle. 

En décembre 2016, le secrétaire général du Parti socialiste avait déjà solennellement appelé – imploré ? – Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron à se prêter à la primaire de la Belle alliance populaire. «Je lance un appel à Emmanuel Macron, à Jean-Luc Mélenchon : rejoignez la primaire à gauche, deux jours seulement après la déclaration de renoncement de François Hollande», plaidait-il brandissant la menace d'une défaite de la gauche. Mais, en janvier 2017, avec des sondages qui donnent Jean-Luc Mélenchon à 

Le Parti socialiste en voie de marginalisation ?

Mais il y a plus inquiétant. Le candidat de la «France insoumise» commence à se pilonner Emmanuel Macron par-dessus le parti socialiste, comme si ce dernier commençait à devenir quantité négligeable. Mélenchon a ainsi commencé à déplacer une partie de ses capacités de frappes le long du front.

Ce 15 janvier, il s'en est pris à Emmanuel Macron, qui «vit ailleurs», et qui «n'est pas à gauche». «Il n'en rate pas une, il ne peut s'en empêcher. Il arrive dans le Pas-de-Calais et il leur dit : "ah bah oui, il y a le tabagisme et l'alcoolisme". Il ne manque plus que l'inceste et comme ça le tableau serait complet !», faisant référence à un déplacement de l'ex-ministre de l'Economie à Nœux-les-Mines.

Pendant ce temps-là, François Hollande préfère aller au théâtre plutôt que de regarder le débat en direct. Philippe Doucet, porte-parole de Manuel Valls l'assure : le président est féru des nouvelles technologies, il aurait promis de regarder le débat en «catch up TV».

Les candidats de la primaire doivent se sentir bien seuls. «Peut-être que l'on va sortir "Pasokisé" de l'élection présidentielle» s'inquiétait début janvier 2017 Christian Paul, chef de file des frondeurs du PS, faisant ainsi allusion au parti socialiste grec – le Pasok –  marginalisé par le parti politique Syriza d'Alexis Tsipras. Un Tsipras modèle pour lequel Jean-Luc Mélenchon n'a jamais caché son admiration.

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