Agacement du FN avant la sortie d'un film «anti-Le Pen» à deux mois des élections présidentielles

Agacement du FN avant la sortie d'un film «anti-Le Pen» à deux mois des élections présidentielles© Benoit Tessier / Reuters Source: Reuters
Le prochain film de Lucas Belvaux suscite la colère du Front national, qui estime que sa sortie en période électorale et les subventions publiques qu'il a reçues en font un film de "propagande"

Financé en partie par de l'argent public par le biais de subventions, le film peint le portrait à peine voilé de Marine Le Pen en campagne, et sortira à deux mois des élections. Les cadres du Front national dénoncent une opération de «propagande».

«Chez nous», le nouveau film de Lucas Belvaux, ne sortira dans les salles de cinéma que le 22 février, mais il fait d'ores et déjà beaucoup parler de lui. L'histoire raconte comment un parti, le Bloc patriotique, tente de convaincre une infirmière du Nord, mère au foyer et divorcée d'un métallurgiste, d'être sa candidate aux législatives. Dans le rôle de la charismatique présidente du parti, Catherine Jacob... teinte en blonde pour l'occasion.

De son côté, Lucas Belvaux explique qu'«une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins», tout en se défendant d'avoir voulu faire du militantisme.

Cependant, la date de la sortie du film, en pleine campagne électorale pour les élections présidentielles prochaines, n'a pas manqué de faire réagir les cadres du Front national. Invité ce 1er janvier de l'émission «Le Grand Rendez-vous» sur Europe 1, Florian Philippot a déclaré : «D’après la bande annonce que j’ai vue, ça a l’air d’être un joli navet, mais au-delà de la qualité du film, je trouve ça proprement scandaleux qu’en pleine campagne présidentielle, sorte dans les salles françaises un film qui est clairement anti-Front national». Evoquant l'actrice Catherine Jacob, Florian Philippot a affirmé que c'était «un petit service rendu au système».

Dans un tweet publié un peu plus tôt, Florian Philippot avait pointé du doigt le financement du film par des fonds publics, procédé courant dans le cinéma français, et signe selon lui d'une «démocratie française de plus en plus malade». Tout en affirmant ne pas vouloir interdire le film, il a indiqué qu'il conviendrait selon lui de «mettre le budget de ce film sur les comptes de campagne [des] adversaires [du Front national].»

Le député Gilbert Collard s'est, lui, montré plus virulent dans sa critique du financement public de ce film qu'il apparente à de la «propagande» contre le Front national. 

Le maire d'Hénin-Beaumont, Steeve Briois, a ironisé sur le choix de l'actrice Catherine Jacbob pour incarner le double de Marine Le Pen, et qu'il qualifiée pour l'occasion de «pot à tabac».

Réagissant aux propos de Steeve Briois, Florian Philippot a refusé de commenter en affirmant ne pas vouloir aller «sur ce terrain-là». «On a beaucoup de choses à dire, je ne juge jamais du physique des gens», a-t-il expliqué.

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