Marseille : les marins de la SNCM accusés de traffic d'armes et de drogue

Des marins de la SNCM assistent à l'embarquement de passagers.© Jean-Paul Pelissier Source: Reuters
Des marins de la SNCM assistent à l'embarquement de passagers.

Le tribunal correctionnel de Marseille ouvre aujourd'hui le procès de 29 personnes dont huit marins de la compagnie maritime SNCM. Les prévenus sont accusés d'avoir participé à un trafic d'armes et de drogue via les bateaux de la compagnie.

Selon les enquêteurs, les accusés profitaient d'un défaut de surveillance des navires pour introduire la drogue et les armes à bord. La célèbre compagnie maritime, qui assure historiquement les liaisons entre Marseille, Bastia ou encore Porto Vecchio, s'est portée partie civile.

«Trafic d'armes», «trafic de stupéfiants» et «association de malfaiteurs en lien avec un trafic d'armes et trafic de stupéfiants», voici les lourdes charges qui pèsent sur les 29 accusés, dont neuf comparaissent pendant qu'ils sont déjà détenus en maison d'arrêt, comme ce premier marin de 39 ans qui a nié fermement tous les faits qui lui sont reprochés par le tribunal, notamment les éléments recueillis au cours des surveillances policières dont il faisait l'objet. 

Lundi, le tribunal doit entendre les explications de Camille Abboche, ex-secrétaire général adjoint de la CFTC à la Société nationale Corse Méditerranée, âgé de 45 ans, qui, selon l'accusation, aurait recruté des marins pour «l'écoulement des produits stupéfiants». Exclu du syndicat immédiatement après sa mise en examen, l'homme aurait été au coeur du dispositif pour garantir «le passage sécurisé» de la marchandise et aurait eu notamment un accès libre à tous les ports après le départ des douaniers. Il avait été interpellé en 2013 après deux ans d'enquête et écroué à la prison de Luynes (Bouches-du-Rhône).

Durant l'enquête, la police avait saisi de la cocaïne, 80 000 euros en liquide et de nombreuses armes à feu au domicile et dans le bureau de Camille Abboche à la SNCM. 

C'est un coup dur pour la société maritime. Le procès se déroule tandis que, non loin de là, la SNCM, en redressement judiciaire depuis 2014, attend la décision du tribunal de commerce qui doit lui désigner un repreneur. Aujourd'hui, le tribunal a rejeté toutes les offres de reprise et fixé une nouvelle audience pour le 25 septembre.

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