Après la vague Fillon, Nicolas Dupont-Aignan, en meeting, relance sa campagne

Après la vague Fillon, Nicolas Dupont-Aignan, en meeting, relance sa campagne
Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle, ©ALAIN JOCARD / AFP

Après la primaire de la droite et du centre, c'est maintenant vers la gauche que les projecteurs se tournent. Pour Nicolas Dupont-Aignan, entre droite de la droite et Front National, il s'agit de marquer son espace politique et marquer sa différence.

Nicolas Dupont-Aignan a tenu meeting ce 7 décembre 2016 à la Mutualité, à Paris. Ce rendez-vous était avant tout l'occasion de rassembler ses soutiens et de donner un nouvel élan à sa campagne, après la primaire de la droite et du centre. Une période «compliquée» de son propre aveu en termes d'exposition médiatique.

Le député de l'Essonne a donné rendez-vous aux militants de Debout la France, son mouvement politique fondé en 1999 sous le nom de Debout la République (à l'époque composante de l'UMP). Ils étaient quelques centaines venus applaudir leur candidat, qui n'a pas hésité à se placer dans la lignée du gaullisme social dont il se revendique. «Je veux défendre une certaine idée de la France», a-t-il déclaré sous les applaudissements. Il a également à plusieurs reprises critiqué vertement l'Union européenne et les «politiques imposées depuis Bruxelles», estimant qu'Emmanuel Macron ou François Fillon avaient «le même donneur d'ordre».

Avec la victoire surprise de François Fillon à la primaire de la droite, c'est un candidat susceptible de rassembler aussi sur les franges traditionalistes et patriotes de la droite que doit affronter Debout la France. Nicolas Dupont-Aignan a dénoncé «une fausse bonne nouvelle» à propos de la victoire de François Fillon, accusant la primaire d'opérer «le retour du suffrage censitaire». «Les électeurs de François Fillon n'ont pas lu son programme», a-t-il déjà également lancé. «Comment peut-on se dire gaulliste et défendre la fin de la sécurité sociale ?», s'interroge le maire de Yerres.

Courtisé par le Front national, indiquant lui-même ne pas être opposé à des alliances, à condition que le parti de Marine Le Pen abandonne son «arrière-boutique raciste», Nicolas Dupont-Aignan n'a pourtant pas hésité à affirmer «Nous battrons le Front national !» Dans un contexte politique où ce créneau semble déjà bien occupé par le parti de Marine Le Pen, le leader de Debout la France tente l'union des souverainistes, sans succès jusqu'à présent.

Pourtant, Nicolas Dupont-Aignan peut se targuer de jolis scores électoraux, obtenant lui-même 6,57% des voix en Ile-de-France aux régionales de 2015, où il faisait alors jeu égal avec le Front de gauche. «Si vous additionnez le nombre de voix obtenues par NKM, Copé et Bruno Le Maire, vous avez le quart du nombre de voix que nous avons obtenu aux régionales : à eux trois, ils ont pourtant obtenu huit fois plus de temps de parole dans les médias que moi seul», a-t-il déploré, demandant aux journalistes de «faire vivre le débat avant le premier tour comme ils l'ont fait pour les primaires». Affirmant sa volonté de débattre avec Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ou François Fillon, il entend se placer dans la course à armes égales, en mettant en garde contre les sondages.

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