Macron refuse toute participation à la primaire, une «querelle de clan»

- Avec AFP

Macron refuse toute participation à la primaire, une «querelle de clan»© Jacky Naegelen Source: Reuters
Le candidat de En marche! à la présidentielle, Emmanuel Macron

Le candidat de En marche ! à la présidentielle refuse catégoriquement de se soumettre à la primaire organisée par le Parti socialiste, malgré le renoncement de François Hollande, parce qu'il n'est «pas là pour s'enfermer dans des querelles de clans».

Alors que le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis a appelé le 3 décembre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, tous deux crédités entre 12% et 15% d'intentions de vote dans les sondages, à participer à la primaire organisée par le parti. L'ancien ministre de l'Economie lui répond par la négative dans les colonnes du Journal du Dimanche.   

«Quand on prétend présider aux destinées d'un pays, on n'est pas là pour s'enfermer dans des querelles de clans», explique-t-il, ajoutant que, selon lui, «cette primaire, c'est OK Corral !». 

«La gauche est éliminée du second tour depuis dix-huit mois ! Il n'y en a pas un qui va au second tour ! Pas un ! Quand bien même cette primaire se passerait bien, le vainqueur n'y arriverait pas. Si Arnaud Montebourg sort de la primaire, vous pensez que Valls le soutiendra ? Si Manuel Valls gagne, pensez-vous que les soutiens d'Arnaud Montebourg ou de Benoît Hamon iront derrière lui ?», s'agace le candidat.

Il rappelle que la primaire de 2011 n'a pas permis de «trancher» entre les lignes de François Hollande et de Martine Aubry. 

«Les députés frondeurs n'ont eu de cesse d'entraver la politique économique de Hollande», constate-t-il, ne voyant dans l'exercice de la primaire que la construction d'un «compromis d'appareil» pas d'une «cohérence programmatique». 

Rappelant que le scrutin de fin janvier risque d'opposer un «futur ex-Premier ministre» et «un des ministres qu'il a exclus du gouvernement», Emmanuel Macron estime que «cette primaire va juste scénariser un déchirement autour du bilan du quinquennat». 

Il la définit d'ailleurs, comme le fait Jean-Luc Mélenchon, de «congrès» du Parti socialiste où «ce ne sont pas des visions mais des motions qui vont s'affronter». 

L'ancien ministre de l'Economie, qui affirme avoir déjà réuni «plusieurs centaines de parrainages» en vue de sa candidature, dresse d'ailleurs le même constat pour la droite, qui vient de désigner François Fillon au terme d'une primaire riche en surprises. 

«C'est un succès en trompe-l’œil. Les progressistes de droite et du centre, tous ceux qui ont voté pour Nathalie Kosciusko-Morizet ou Alain Juppé, ne peuvent pas se retrouver dans le programme de François Fillon», argumente-t-il, convaincu que l'ancien Premier ministre «aura une majorité parlementaire hétérogène et aura du mal tout comme François Hollande avec ses frondeurs à mettre en œuvre son programme».

Interrogé sur le président, il estime que celui-ci a été victime d'«un piège construit par l'appareil et jusqu'au sein du gouvernement» qui s'est refermé sur lui. N'a-t-il pas lui-même joué un rôle dans sa disqualification ?

«Je n'ai jamais manqué de respect au président de la République. J'ai eu des désaccords stratégiques que j'ai toujours assumés ouvertement [...] J'aime les combats à visage découvert. Tout le contraire des tireurs couchés», commente-t-il. Puis il se tait quand on lui demande: «Le tireur couché, c'est Valls ?»

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